COMMUNIQUE DE PRESSE Conférence sur la corruption en Haïti des 8 et 9 Juin 2019 à Paris : Plaidoyer en faveur d’une pluralité de procès PetroCaribe.

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Vous étiez nombreux à participer à la Conférence sur la corruption qui s’est tenue les 8 et 9 juin à Paris. Ces deux journées ont été couronnées de succès grâce à nos nombreux  intervenants * – dont les noms figurent  à la suite de ce communiqué, – lesquels ont analysé la corruption dans toutes ses dimensions, ses ramifications, et identifié ses avatars.

Une corruption discrète, sournoise, dissimulée dans de vastes réseaux insaisissables aux profanes, menaçante, ravageuse dans ses effets, comme une hydre à plusieurs têtes. Et pour la détruire, ne serait-ce que provisoirement, une méthode d’approche, des outils précis et une volonté politique sont indispensables. Il ne suffit pas de s’autoproclamer innocent pour être au-dessus de tout soupçon.  Il ne suffit pas de prendre pour argent comptant les déclarations d’intention oiseuses, et familières à l’Exécutif haïtien incriminé dans le scandale PetroCaribe,  pour prétendre à un quelconque procès. Trois précisions s’imposent :

D’abord, nous ne pouvons limiter l’action citoyenne et judiciaire qu’à un procès, mais à une démultiplication de procès : à autant de pratiques délictueuses correspondent des procès. Ainsi, il nous faudrait un procès PetroCaribe pour tous les présidents de la République, les Premiers ministres, les ministres, les ordonnateurs, les secrétaires d’État, les comptables, les fonctionnaires… de 2008 à 2018, ainsi que les entreprises contractantes et /ou qui ont obtenu des marchés, souvent de gré à gré, parfois sans appel d’offre. Évidemment, le respect des normes inscrites au cœur du droit positif haïtien s’affirme pour écarter tout risque de procès bâclés, dépréciés et déconsidérés.

Ensuite, il faudrait engager une politique de transaction avec les présumés coupables, c’est-à-dire obtenir la restitution des fonds et des biens volés, commuer leur peine et investir dans le durable en matière d’éducation, de santé et de développement en faveur des Haïtiens.

Enfin, pour que ces différents procès puissent avoir lieu, l’appareil judiciaire devrait s’affranchir des pesanteurs et de l’emprise du président de la République, obstacle majeur au triomphe de la justice aujourd’hui en Haïti.

Aussi, il n’y aurait pas de procès PetroCaribe tant que les forces politiques et partisanes proches du régime actuel continuent à entretenir leurs clientèles en recourant à des actes malfaisants et à des pratiques mafieuses. C’est une nouvelle révolution qu’il faut engager, sans violence, avec intelligence et détermination !

En attendant la publication en cours des actes de la Conférence des 8 et 9 juin, nous exhortons les citoyens  haïtiens à décupler leur engagement en vue d’un environnement politique propre à la préparation, l’organisation des procès dans des conditions objectives. C’est la responsabilité des élites anti-délinquantes et des simples citoyens.

Pour Haïti Plus Juste et le comité d’organisation,

Sergo ALEXIS

Responsable de la communication

Paris, le 13 juin 2019.

 

 *Arnousse BEAULIERE, Frédéric BOISROND, CADET Jean-Jacques, DUBARRY Thibault, EMILE Etzer, LAUTURE Franck, LUBIN Willy, MADISTIN Samuel, MARCELIN Huguette, MEROPE Sienna, MIRAMBEAU Jr, NETEO Nubia, NESI Jacques, PEAN Leslie, PIARROUX Renaud, REYES Jimenes, RIVELOIS Jean, THOMAS Frédéric.

 



LE MONDE DU SUD – ELSIE NEWS

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