une grosse page espagnole s’est tournée, mais maintenant on va où ?

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Saison de transition à Memphis, après un opus 2017-18 particulièrement dégueulasse. Y’a eu du très bon, y’a eu du beaucoup moins bon, mais on a surtout assisté à un grand chamboulement au cœur de l’hiver, de ceux qui changent la destinée d’une franchise.

Ce que TrashTalk avait annoncé :

36 victoires, voilà ce que l’équipe de rédaction avait imaginé pour ces Grizzlies 2018-19. On parlait déjà beaucoup de l’avenir ou non de Marc Gasol au sein de la franchise, hum, et si son utilité sur le terrain ne faisait aucun doute, c’est davantage au niveau de sa décision de s’inscrire sur le long terme dans le projet qui questionnait. Hum hum. On était pressé de voir Jaren Jackson Jr. fermer des bouches, on pensait que Chandler Parsons rejoindrait une association de handi-basket, bref tout un paquet de projections dont vous allez voir que la plupart ont tapé dans le mille. Bingo, et pour toutes vos questions sur le mariage ou la réussite sociale n’hésitez pas à consulter nos services.

Ce qu’il s’est vraiment passé :

33 victoires, comme quoi on n’était pas si loin. Ni vraiment mauvais, ni vraiment bon, avec des périodes fastes et d’autres beaucoup plus compliquées (3-19 entre la mi-décembre et la fin janvier, histoire de bien nous faire comprendre quel était le réel objectif). Les points positifs ? Jaren Jackson Jr. a confirmé qu’il méritait bien plus que son statut de mec du Top 10 de la Draft dont on parle le moins, en explosant assez vite et en se positionnant comme un leader malgré son statut de rookie. Du travail de soutier, des shoots clutchs, une polyvalence en attaque dont on reparlera très vite, et globalement une saison magnifique qui prendra malheureusement fin prématurément à cause d’une blessure au quadriceps. Sans cela c’est la All-NBA Rookie First Team qui s’ouvrait très clairement à lui, pas mal pour un type dont personne ne parlait en octobre. L’autre grosse satisfaction de la saison dans le Tennessee ? Mike Conley en mode tronpa, puisque le meneur aux dreadlocks a tout simplement lâché sa meilleure saison en carrière. Il fallait ça pour compenser la demi-saison de Marco Gazouze, il fallait ça pour driver un roster solide mais sans véritablement de mec capable de step-up en attaque de manière durable. Troisième sourire ? Joakim Noah bien sûr, on y revient juste en dessous, et les apports après la deadline d’un Jonas Valanciunas qui a explosé individuellement, d’un Bruno Caboclo enfin utile ou d’un Delon Wright qui a profité des derniers matchs – insignifiants – de la régulière pour faire exploser son compteur de triple-double. Côté déceptions ? Elles son quelques unes, à commencer par le fit raté avec Garrett Temple, un Kyle Anderson qui n’a toujours pas réussi à être autre chose qu’un honnête défenseur et un facteur x ponctuel en attaque ou bien évidemment… le départ de Marc Gasol, accessoirement l’un des deux meilleurs joueurs de l’histoire de la franchise. A l’arrivée c’est une douzième place à l’Ouest, ventre mou style, et un J.B. Bickerstaff qui ne passera même pas la semaine post-saison puisqu’il sera débarqué à peine les 82 matchs bouclés, alors que Chris Wallace passera du poste de GM à celui de simple scout, en voilà une bonne idée. Côté déception ?

L’image de la saison :

Marc Gasol

 

Marc Gasol avec un maillot des Raptors. Le choc peut être rude pour les plus fragiles, mais c’est bien un vol direction le Canada que Marco a pris au soir de la trade deadline, après presque onze saisons passées dans le Tennessee. Onze saisons, plus de 800 matchs et environ 12 700 puntos pour Big Spain sous les couleurs des Grizzlies, et donc une nouvelle ère qui s’ouvre à Memphis en attendant de savoir de quoi le futur de Mike Conley sera fait. Il fallait que ça arrive, on en avait longuement parlé l’été dernier et en début de saison, et c’est donc essentiellement sur les progrès de Jaren Jackson Jr. que le prochain coach des Oursons s’appuiera pour scorer dans les raquettes adverses.

On ne l’attendait pas, il a cartonné : Joakim Noah

Début décembre c’est le choc : Joakim Noah va de nouveau enfiler un jersey NBA et ce sera celui… des Grizzlies. Tellement logique finalement, tant le spirit de Jooks colle à merveille avec le Grit and Grind que la franchise de Memphis tente tant bien que mal de garder en vie. Les adeptes d’un basket intelligent se frottent les mains, les patriotes à la critique facile également, et c’est finalement une saison magnifique que Jooks va envoyer pour son grand retour. 13 points, 5 rebonds et 3 passes dès son deuxième match, quelques semaines à tâtonner, et un mois de février tellement old-school que ça nous en file des frissons. Quatre doubles-doubles, un 19/14, un 22/11, un quasi triple-double début mars face à Portland, et au delà des stats une présence so… Noah, avec des claquements de main, des vociférations sauvages et des célébrations d’un autre âge. C’est ça le Jooks qu’on aime, et c’est ce Jooks que l’on veut voir pour quelques saisons encore sur le circuit, à Memphis ou ailleurs peu importe.

On l’attendait au taquet, et il a abusé : Garrett Temple

On exagère à peine car, évidemment, on n’attendait pas Garrett à un niveau All-Star. Sauf que Temple a été signé à la base pour faire le taf sur le terrain, mais également pour être ce relai entre les jeunes et les anciens, pour rameuter les troupes sur le terrain quand ça chie, bref toutes ces qualités qui faisaient de lui le genre de mec qui ne casse pas trpois pattes à un canard mais dont un paquet de franchises aimeraient s’attacher les services. Malheureusement son apport sur le terrain n’aura pas été flamboyante et c’est carrément dans les vestiaires que la garète du temple nous a offert son plus beau higlight de la saison. Embrouille avec Omri Casspi, deux trois mini-gouaches échangées, le moment parfait pour décider… d’envoyer Temple aux Clippers à la deadline. Allez hop, au suivant, il est beau le capitaine de route.

La vidéo de la saison :

Celle-là elle est pour tous ceux qui ont juré toute l’année que les Grizzlies ne tankaient pas. Alors on va mettre tout le monde d’accord, et la vue des images ci-dessous étayera notre propos : oui Memphis a tanké cette saison, mais Memphis a tanké sans forcément le faire exprès. Tout est dans la nuance, et certains devraient en prendre de la graine.

Ce qui va bientôt se passer :

Mike Conley, Chandler Parsons (…), Jaren Jackson Jr., Kyle Anderson et Jevon Carter sont signés pour la saison prochaine, Delo Wright a une qualifying offer, Jonas Valanciunas et C.J. Miles une player option alors qu’Avery Bradley est plutôt dans le flou. On attendra déjà que le nouveau coach soit nommé, c’est quand même plus confortable, on attendra aussi de savoir ce que les Grizzlies feront de leur tour de Draft, et quoiqu’il arrive le principal centre d’intérêt l’année prochaine à Memphis sera de zieuter la progression du triple J. Jaren qui nous en a montré bien trop en début de saison pour ne pas cartonner et être un leader dès la saison prochaine, et son association avec Mike Conley vaudra le coup d’œil, avant que JJJ ne trouve un autre camarade plus jeune et plus sexy dans quelques mois/années. Pas de révolution donc, mais toujours du travail, du sérieux, et une première saison pleine à vivre sans l’un des hommes qui a fait la pluie et le beau temps sur le FedEx Forum depuis dix ans.

Plus de Gasol, mais un jeune homme sur qui les espoirs de la franchise reposent désormais. La saison 2018-19 ne restera pas dans les annales pour ce qu’on y a vu sur le parquet mais plutôt pour ce qu’il s’est passé en coulisses. Un coach qui dégage, un ancien franchise qui déménage, c’est pas vraiment le même délire qu’une qualif en Playoffs mais au moins on aura parlé de Memphis cette année, et l’horrible exercice 2017-18 est oublié. Allez, on avance maintenant.



TRASH TALK NBA

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