un pion pour les autorités politiques et religieuses – Rezo Nòdwès

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par Samuel Auhsey JOZIL

Samedi 13 avril 2019 ((rezonodwes.com))– Depuis un certain temps, on assiste à la manifestation d’un désespoir total chez la population haïtienne. Partout se joue le théâtre d’une société livrée à elle-même, méfiante des leaders politiques, n’ayant comme unique recours et secours que des pasteurs guérisseurs, et des prophètes faiseurs de miracles.

En échange de guérison, ces leaders religieux leur imposent une somme d’argent à verser, se font laver leur corps sur leur tête, etc.

L’abandon de la société par l’Etat est flagrant. Plus d’hôpitaux pour soigner les malades; plus d’eau potable et plus d’électricité pour les ménages; plus d’essence…rien.

Pendant ce temps, le budget des dépenses des trois pouvoirs d’Etat explose. Des voitures au prix exorbitant forment les longs cortèges des autorités incapables, qui se terrent comme n’importe quel quidam aux moindres tirs des «bandits».

Dans ces conditions, fatigués d’attendre la manne des dirigeants qui ne vient pas, les gens désormais se livrent aveuglément à des pseudos leaders religieux qui utilisent toutes les stratégies pour accroître leurs richesses aux dépens d’eux.

«Otèl mwen an louvri, nou pa bezwen al lòt kote, piga nou al peye otèl deyò, vin nan pam nan», c’est le cri d’un pasteur demandant ses fidèles de venir passer des moments intimes avec leurs amants dans son hôtel. Étonnant, les fidèles ont tous répondu : amen !

Un phénomène étrange où  l’éloge de l’impudicité se fait en public dans une église. Pourtant, les responsables de la Fédération Protestante d’Haïti (FPH) —toujours présents lors des réunions avec les dignitaires politiques— et le ministère des cultes n’ont pas daigné réagir.

Nous sommes en train d’assister à des scènes puantes où l’église perd son côté sacré pour être un business florissant, un espace où les politiciens se marchandent lors des périodes électorales.

Par exemple, dans les élections de 2010, le Pasteur de l’Eglise tabernacle de gloire El Shalom a propulsé le candidat Michel Martelly et lui a donné son micro pour haranguer ses adhérents. Dans celles de 2015, ce même Pasteur a exhorté et affiché dans sa télévision le poster de Jude Célestin. Ainsi, le commerce prend son siège, dicte le comportement de ces leaders devant être des modèles pour la société.

Paradoxalement, pendant qu’ils s’enrichissent au prix des «milles gourdes», ces leaders religieux font croire aux fidèles que la prière peut changer Haïti. D’un côté,  des prières pour Haïti et de l’autre coté des passeports sont soulevés pour des prières de visas vers des cieux cléments. Un imbroglio prouvant le niveau de perversion des lieux de cultes et leur responsabilité dans le sous-développement du pays.

Tout compte fait, le «tabula rasa» qu’exige le peuple dans les questions politiques doit être effectué aussi au niveau du secteur ecclésiastique. Ce désordre venant de la désorganisation et de la défaillance de l’État doit être remédié.

Il est temps que la misère des gens cesse d’être le pion des autorités politiques et religieuses.

Samuel Auhsey JOZIL



REZO NODWES

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