après un retard à l’allumage, le talent se montre enfin

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Jeremy Lamb semble enfin avoir fait décoller sa carrière en NBA après avoir galéré de nombreuses années à se faire une place au soleil. Ce prospect sorti de UConn attisait la curiosité de beaucoup de scouts après ses deux saisons en NCAA. Après beaucoup de saisons quelconques, il s’est enfin lancé cette saison à Charlotte et a trouvé une place importante dans l’effectif.

Le cas Jeremy Lamb est intrigant : après une saison freshman correcte du côté de l’université de UConn en 2010-2011, il s’offre un deuxième exercice de bien meilleure facture en signant 17,7 points à 48% aux tirs et 4,9 rebonds par match. A l’issue de cette saison, Lamb décide de s’inscrire à la Draft 2012, les scouts décèlent du talent en lui mais pas assez pour être parmi les premiers choix. Il est finalement choisi en douzième position par des Rockets alors en reconstruction qui viennent de balancer des contrats bizarres sur Jeremy Lin et Omer Asik. On prévoit alors une longue saison de tanking pour les Rockets.

Mais ça, c’était jusqu’à ce coup de poker de Daryl Morey qui va signer l’un des gros coups de cette intersaison, bien aidé par le manque de moyens financiers du Thunder pour conserver son noyau dur de joueurs sortant d’une défaite 4-1 en Finales NBA contre le Heat de LeBron James. En effet, OKC et Houston vont mettre en place un trade envoyant James Harden devenir titulaire et l’un des meilleurs joueurs de la ligue dans le Texas. En échange, le Thunder recevait alors Kevin Martin, les droits sur le prochain premier tour de Draft des Rockets, qui deviendra Steven Adams et… Jeremy Lamb, qui voit ses espoirs de pouvoir se montrer s’amenuiser. En effet, le poste d’arrière est bouché au Thunder, le Suisse Thabo Sefolosha est alors titulaire, fort de ses qualités de chien de garde, et Kevin Martin va récupérer le rôle de James Harden, en apportant beaucoup de spacing grâce à son shoot aussi efficace que laid. Conjuguez à cela le fait que le Thunder ne fait jouer ses rookies qu’avec parcimonie lors de leur première saison, et vous obtenez une situation compliquée. Jeremy Lamb, à l’instar de Reggie Jackson une saison plus tôt, va ronger son frein sur le banc, se contenter de miettes de garbage time et sera même envoyé en ligue de développement pour faire ses armes chez les 66ers de Tulsa. Il ne joue cette saison-là que 23 matches avec le Thunder. C’est maigre, comme lui.

Les saisons se suivent et se ressemblent pour le frêle Jeremy Lamb du côté d’Oklahoma City, ce dernier ne dépassant jamais 8,3 points de moyenne. Les opportunités sont rares pour lui, et il n’a jamais su en faire assez pour que ses dirigeants daignent lui renouveler leur confiance. Les dirigeants semblent avoir perdu patience avec le seul mec donnant l’impression d’avoir un air d’endormi avec des yeux si globuleux. Il est transféré en 2015 à Charlotte contre le globe-trotter Luke Ridnour et un second tour de Draft. L’occasion rêvée pour J-Lamb de lancer véritablement sa carrière et d’enfin confirmer les espoirs placés en lui.

Malheureusement, Jeremy Lamb va encore traîner sa carcasse pendant deux saisons sans vraiment se mettre en valeur. Le problème est le même qu’à OKC : ses pourcentages sont douteux malgré un talent offensif certain et sa défense est très souvent aux abonnés absents. Lors de ses trois premières saisons à Charlotte, Lamb comptabilise respectivement 8,9, 9,7 et 12,3 points par match. Toutefois, l’arrière n’a jamais arrêté de bosser dur pour être plus costaud physiquement, ce qui l’aide des deux côtés du terrain. Nicolas Batum s’est également mué en mentor pour lui permettre de progresser en défense.

La saison 2018-2019 sonne comme celle de l’avènement du talent auquel était promis Jeremy Lamb dès l’université. L’arrière est plus tonique, plus costaud, meilleur défenseur et jouit d’une meilleure intelligence de jeu qu’il met au service du collectif à Charlotte. Ces progrès l’ont propulsé comme la seconde option offensive des Hornets derrière son ancien coéquipier en NCAA Kemba Walker. Il culmine cette saison à 15.1 points à 43,4% aux tirs, 5,5 rebonds et 2,1 passes décisives par match. Il s’est également imposé comme un titulaire indiscutable du squad de James Borrego et a même signé des paniers importants, les deux face aux Raptors. Jeremy Lamb va d’abord climatiser la Scotiabank Arena d’un tir de sa propre moitié de terrain pour offrir la victoire aux Hornets sur ce qui est déjà l’un des shoots de l’année. Puis il remet ça moins de deux semaines plus tard du parking sur une offrande de son pote Kemba Walker. Sachant que Lamb avait déjà fumé les Pistons en décembre, le mec sait décidément se trouver au bon endroit au bon moment.

Malheureusement, les Hornets semblent mal barrés pour décrocher les Playoffs à l’Est cette saison, mais ne sont pas encore mathématiquement éliminés. La franchise sait en tout cas qu’elle peut compter sur Kemba Walker pour tout donner mais également sur un Jeremy Lamb qui montre enfin toute l’étendue de son talent sur une saison. L’arrière a bossé, et récolte aujourd’hui le fruit de son travail. Pourvu que ça dure…



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