L’humour : thérapie ou résistance. Par Alin Louis Hall

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Nous mangeons, Monsieur, et nous buvons. Nous ne comprenons pas autrement le Progrès. Il n’y a de patriotique que la “bobote” et de national que le tafia. […] C’est notre tour de spéculer. Nous le faisons consciencieusement. Nous appartenons à une curieuse variété d’Haïtiens. Nous sommes obligatoires et déconcertants. On nous appelle électeurs dans les classifications de citoyens. Nous allons à l’urne, gais et contents. Nous nous saoulons à toutes les buvettes et nous votons pour tout le monde[i]. »

Cette observation d’un nihiliste de la trempe de Sténio Vincent représente un tableau d’époque qui a néanmoins conservé toute son actualité. En réalité, les troubles affectant les petits enfants de la brutale transplantation continuent de les pousser à tisser des liens affectifs superficiels comme dans le cas du mauvais tournant de 1957. En clair, le folklorisme politique duvaliérien a décérébré une majorité d’Haïtiens qui se sont retranchés derrière de fausses valeurs. Les « cerveaux lents » ont avalé la couleuvre que la négritude totalitaire cosmétique allait redéfinir et déplacer les marqueurs sociaux pour les filles et fils de l’arrière-pays. Les cerveaux « lock » continuent à s’accrocher à la reproduction de la bêtise et excellent dans la rationalisation de l’absurde. On en veut pour preuve leur obstination jusqu’à l’aveuglement à argumenter que le chantre de la trivialité et le dépositaire de la soulouquerie rose ne sont pas un seule et même sociopathe.

Définitivement, pour maintenir leur statut et leur place dans l’ordre social, le vide existentiel incite les Haïtiens à ne rien négliger. On se rappelle que les « cinquante-septards » se la coulaient douce avec un petit chèque de 1,500 gourdes à la minoterie d’Haïti, de 2,000 gourdes à la Teleco ou de 2,500 gourdes au ministère des affaires sociales. Aussi, parce qu’il arrondissait les fins de mois, le « jean-claudisme » était-il présenté comme « civilisateur ». Dans la ville des Cayes, on a vu le père d’un grand « lavalassien » dont nous gardons de citer le nom déclamer son fameux poème JCD : « Jean Claude Duvalier – Jésus Christ Dieu ». En clair, il s’agit d’une puissante psychopathologie. De nos jours, l’insignifiance est de retour avec le « nicoduvalierisme ».

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LE MONDE DU SUD – ELSIE NEWS

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