Ce que Jovenel Moïse a demandé à Donald Trump lors du sommet USA-Caraïbes

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Outre des points qui concernent toute la region, comme la sécurité et l’investissement, et d’autres points qui concernent particulièrement les États-Unis, comme la Chine et le Venezuela, chacun des pays invités au mini-sommet USA-Caraïbes vendredi dernier en Floride par le président américain avait sa petite liste de demandes. Quelles ont été celles d’Haïti ?
« Nous avons parlé avec le président Donald Trump du territoire maritime d’Haïti, a rapporté le président de la République Jovenel Moïse de retour du sommet vendredi dernier. Tout le monde sait que le pays mesure 27 750 kilomètres carrés, mais personne ne savait que le pays avait 110 000 kilomètres carrés de territoire maritime, environ quatre fois plus que notre territoire terrestre. Nous n’avons aucune surveillance sur ce territoire maritime. Haïti a des frontières maritimes avec le Venezuela, la Colombie, Cuba, mais personne n’en a jamais fait cas. »

Selon le chef de l’État, une entreprise israélienne a déjà étudié les frontières maritimes d’Haïti et il a souligné l’avoir rapporté à Donald Trump. « Pour avoir le contrôle de ces frontières, on ne peut pas le faire seul. C’est pourquoi il était important de parler de sécurité avec le président américain qui dispose de la US Navy », a avancé M. Moïse. À ce niveau, le président a parlé de renforcement des gardes-côtes du pays et du rétablissement de l’armée d’Haïti avec Donald Trump, a-t-il dit. Ce qui, a-t-il ajouté, permettra au pays de lutter contre le trafic de la drogue, des produits contrefaits, le blanchiment des avoirs et le trafic d’armes.

L’embargo des États-Unis imposé à Haïti sur l’achat d’armes à feu a été aussi abordé dans la rencontre entre Trump et Moïse. « Il en a pris note pour voir comment renforcer en équipements et en formation des unités d’élite de la police nationale… », a souligné Jovenel Moïse qui assure que Donald Trump est très intéressé à la formation continue de la police nationale.

« Après avoir abordé le dossier de la sécurité, nous avons parlé d’investissements. Mais le président Trump était très intéressé à l’investissement dans l’énergie, a-t-il soutenu. Quand je lui ai dit où nous en sommes en Haïti dans la question de l’énergie, il était agréablement surpris… », a rapporté le président haïtien. Jovenel Moïse a indiqué que Donald Trump a promis de supporter le projet courant 24 sur 24 pour qu’il puisse devenir une réalité.

Ensuite, Jovenel Moïse dit avoir abordé l’investissement dans le domaine de l’agriculture lors de sa rencontre avec le président du pays le plus riche de la planète. « J’ai fait savoir au président Trump que nous avons terminé avec une étude de 18 mois sur les potentialités agricoles du pays. Nous avons dit au président que nous sommes prêts pour recevoir les investissements américains dans le domaine de la production de cycles courts », a-t-il affirmé.

Selon le président Moïse, Donald Trump est très intéressé à développer un partenariat avec Haïti à travers l’«Overseas Private Investment Corporation » (OPIC) « qui deviendra un autre système de fonds qui permettra aux investisseurs américains d’avoir plus de flexibilité pour investir en Haïti. L’OPIC sera transformé à partir du mois d’octobre 2019. Nous avons déjà créé une banque haïtienne de développement », a fait savoir celui qui s’était fait appeler ‘’Nèg bannann nan’’.

« J’ai fait comprendre au président qu’Haïti ne peut plus être une destination humanitaire », a continué Jovenel Moïse, tout en affirmant avoir reconnu en présence du président américain que le pays se trouve dans une situation de grave pauvreté avec trois millions de personnes vivant dans l’extrême pauvreté. « Mais nous lui avons signifié que donner un pain à Haïti ne va jamais résoudre ce problème », a-t-il nuancé, soulignant que le pays est à la recherche d’investissements directs étrangers pouvant l’aider à développer de grands projets dans l’agriculture.

Le président Moïse dit avoir aussi demandé à son homologue américain de renouveler pour encore 20 années, le « Caribbean Basin Trade Partnership Act (CBTPA) » (CBTPA) qui arrive à expiration cette année. Cet accord permet à Haïti d’exporter vers les États-Unis plus de 5 000 produits sans payer de frais de douane. Et là encore, Jovenel Moïse avoue n’avoir pas eu connaissance de cet accord quand il allait devenir président de la République.

Dans un autre registre, la décision de l’administration américaine de mettre Haïti sur la liste des pays à haut risque à ne pas visiter a été également abordée lors de la rencontre Moïse-Trump. Le président haïtien a fait savoir que le président américain lui a promis de retirer Haïti du niveau 4. Toutefois, M. Moïse n’a pas précisé quand cette décision allait se matérialiser.

Au cours de ce mini-sommet, le président Trump s’est aussi entretenu avec le président dominicain, Danilo Medina, et les Premiers ministres de la Jamaïque, Andrew Holness, de Sainte-Lucie, Michael Chastanet, et des Bahamas, Hubert A. Minnis.

Robenson Geffrard

Le Nouvelliste



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