Crise au Venezuela: le député et chef de Cabinet de Juan Guaidó arrêté pour terrorisme et détention d’armes illégales

0
61

Les États-Unis ont rapidement demandé la libération de Roberto Marrero, chef de cabinet de l’opposant et président autoproclamé Juan Guaidó.

Le bras droit de l’opposant vénézuélien Juan Guaidó, président par intérim autoproclamé, a été arrêté jeudi et accusé de « terrorisme » lors d’un raid nocturne à son domicile vivement condamné à l’étranger. Le député Roberto Marrero, 49 ans, chef de cabinet de Juan Guaidó, a été arrêté à son domicile vers 2 heures du matin jeudi par les services de renseignement, le Sebin : le ministre de l’Intérieur, Nestor Reverol, l’a accusé d’être « directement responsable de l’organisation de groupes criminels » qui planifiaient des attaques dans le pays. « De nombreuses armes de guerre et de l’argent en devises ont été saisis lors du raid contre sa résidence », a affirmé Nestor Reverol.

Pour Juan Guaidó, qui a reçu le soutien d’une cinquantaine de pays, dont celui des États-Unis, cette manœuvre « vile » et « grossière » vise à « l’intimider » : « Ils ont arrêté Roberto Marrero, mon chef de cabinet, en l’accusant de détenir deux fusils et une grenade déposés (intentionnellement) chez lui », avait twitté, dès l’aube, Juan Guaidó, engagé dans un bras de fer avec le chef de l’État en exercice, Nicolás Maduro, depuis deux mois.

« Ils veulent m’intimider ? Ils veulent venir me prendre ? Qu’ils viennent, [mais] ils ne pourront nous dévier de la route que nous sommes en train de tracer », a ensuite déclaré l’opposant à la presse. Pour lui, le gouvernement veut instiller la peur dans les rangs de l’opposition, mais expose sa faiblesse en agissant ainsi. Juan Guaidó, président de l’Assemblée nationale dominée par l’opposition, avait lui-même été arrêté par les services de renseignement vénézuéliens (Sebin) en janvier lors d’une opération spectaculaire en pleine autoroute, avant d’être relâché une heure après.

L’arrestation de Roberto Marrero a été condamnée par le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo : « Nous appelons à sa libération immédiate. Ceux qui le retiennent devront rendre des comptes », a-t-il mis en garde via Twitter. « Nous ne tolérerons pas l’emprisonnement ou l’intimidation par Maduro du gouvernement légitime du Venezuela », a renchéri le vice-président américain Mike Pence tandis que John Bolton, le conseiller à la sécurité nationale de la Maison-Blanche, fustigeait « une grosse erreur » de Nicolás Maduro.

L’ONU a cependant invité à « empêcher toute escalade » : « Nous renouvelons notre appel à ce que tous les acteurs au Venezuela prennent des mesures immédiates pour apaiser les tensions », a déclaré un porte-parole à New York. L’Union européenne a réclamé une « libération immédiate et inconditionnelle » de l’opposant. La France a insisté sur « l’arrêt de la répression contre l’opposition » alors que les organisations de défense des droits de l’homme dénoncent les arrestations et détentions sans jugements.

Roberto Marrero, avocat de profession, a été arrêté lors d’une opération du Sebin à son domicile ainsi qu’à celui, non loin de là, du député d’opposition Sergio Vergara dans le quartier résidentiel de Las Mercedes à Caracas. Un chauffeur du Parlement, Luis Paez, 24 ans, arrêté en même temps que Roberto Marrero fait l’objet des mêmes accusations.

Lors de son arrestation, Roberto Marrero « a crié que [les membres du Sebin] avaient déposé chez lui deux fusils et une grenade. Ils l’ont emmené et je lui ai dit de rester fort », a déclaré Vergara à la presse. Selon le député, une quinzaine d’agents l’ont jeté au sol et ont visité sa maison, puis l’ont interrogé sur la résidence de Roberto Marrero. Au cours de cette opération, qui a duré deux heures selon lui, deux procureurs étaient présents, a-t-il ajouté.

Ils ont commencé à enfoncer (l’entrée de) la maison de Roberto Marrero, qui se trouve à quelques mètres de la mienne, jusqu’à ce qu’ils réussissent à entrer, a-t-il déclaré. Un chauffeur qui travaille pour le Parlement a également été arrêté. « Depuis, la dictature retient ces deux citoyens », a conclu Vergara. Juan Guaidó s’est rendu jeudi matin au domicile de son collaborateur, une maison aux murs blancs. Au niveau de la porte d’entrée, le mur était abîmé et l’intérieur de la maison était sens dessus dessous, a constaté l’Agence France-Presse.

Cette arrestation intervient alors que le Venezuela est plongé dans une profonde crise politique depuis que Juan Guaidó s’est proclamé président par intérim le 23 janvier, en contestant la régularité de la réélection de Nicolás Maduro, entachée de fraudes selon lui. Juan Guaidó a plusieurs fois affirmé qu’il était prêt à autoriser une intervention militaire étrangère.

Le président américain Donald Trump a réitéré mardi que « toutes les options » étaient examinées pour faire partir Nicolás Maduro du pouvoir. « C’est honteux ce qui se passe au Venezuela – l’endettement et la destruction et la famine », a-t-il ajouté. Washington impose au Venezuela des sanctions économiques et a décrété un embargo sur le pétrole, exportation cruciale pour l’économie du pays, qui doit entrer en vigueur le 28 avril.
Source :AFP



JUNO7

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here