Brexit: malgré l’urgence, May demande du temps à son Parlement

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Debout dans la tempête. La Première ministre britannique, Theresa May, a tenté une nouvelle fois de faire la preuve de sa combativité, mardi devant son Parlement, en le prévenant qu’il allait lui falloir « un peu plus de temps » pour trouver un accord satisfaisant pour le Brexit. Alors que la date du 29 mars se rapproche à grands pas, elle a décalé de deux semaines le prochain vote du Parlement, initialement prévu ce jeudi.

Sang-froid

Invoquant ses récents déplacements à Bruxelles et à Belfast, Theresa May entendait faire la preuve de sa détermination à tout faire pour arracher un accord aux Européens, face à ses opposants qui l’accusent de  jouer la montre . « Nous devons désormais tous garder notre sang-froid pour obtenir les changements que cette Chambre a requis et réaliser le Brexit dans les délais », a-t-elle exhorté.

La séance était houleuse, frisant même l’incident diplomatique lorsque Ian Blackford, qui dirige le Parti national écossais (SNP), a accusé la dirigeante d’être une « menteuse » au sujet des conséquences économiques du Brexit. Il a fallu qu’il retire ses propos, à la demande de John Bercow, qui dirige les débats.

Incertitude juridique

Dans l’arène, la Première ministre a défendu bec et ongles son projet. Alors que le Parlement a massivement rejeté l’accord signé à l’automne 2018 avec les Européens, elle s’est engagée à trouver une alternative au « backstop », ce mécanisme d’assurance qui, en dernier recours, doit empêcher l’apparition d’une frontière dure entre les deux Irlande. Le but des parlementaires britanniques : obtenir la certitude que leur pays ne sera pas éternellement prisonnier de ce mécanisme qui prévoit de maintenir le Royaume-Uni dans une union douanière avec l’Union européenne. Et qui empêcherait donc Londres de retrouver son autonomie commerciale avec le reste du monde.

La Première ministre met l’accent sur la nécessaire solidité juridique des engagements des Européens. A ce stade, Londres a reçu une simple lettre signée de Donald Tusk et Jean-Claude Juncker, les présidents du Conseil européen et de la Commission européenne. Une forme insuffisante, prévient Theresa May, qui sait que les Européens ne sont pas fermés à un geste sur ce point.

Echanges « constructifs »…

Lundi soir, le négociateur en chef des Européens, Michel Barnier, avait rencontré son homologue britannique, Stephen Barclay. Le dîner fut « constructif », assure un porte-parole du gouvernement britannique, selon la formule consacrée pour masquer  l’absence de percée des discussions. Au terme de ce dîner, Michel Barnier a prévenu, une nouvelle fois, que les Vingt-Sept n’allaient pas rouvrir le Traité de divorce. Mais l’idée d’une modification de la déclaration politique qui l’accompagne, focalisée sur l’avenir de la relation entre Londres et les Vingt-Sept, est à l’étude.

Dans ce contexte d’inquiétude, le gouverneur de la Banque centrale britannique (BOE), Mark Carney, a comparé le Brexit à un possible « test à l’acide » – une référence à un célèbre livre de Tom Wolfe qui pointe l’incertitude et les risques associés à ce saut dans l’inconnu. Il pourrait, selon lui, « affecter les perspectives mondiales, à court et long terme ».

HAITI 24

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