Salvini déclenche une polémique au festival de San Remo

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« La musique va changer », avait promis à l’Italie Matteo Salvini en arrivant au pouvoir. Le ministre de l’Intérieur aimerait maintenant « changer la chanson » qui a remporté le 69e festival de la chanson italienne de  San Remo . « Soldi » (L’argent) allie des sonorités pop, rap et quelques mots arabes. Le dernier vainqueur de cette émission de télé-crochet, véritable institution dans la péninsule, est le milanais Alessandro Mahmood. Une ville d’origine qui devrait plaire au leader de la ligue lui aussi lombard.

Son ascendance un peu moins puisque sa mère est sarde et son père égyptien. Si l’ex compagne Elisa Isoardi du ministre a immédiatement tweeté que cette victoire est « la démonstration que la rencontre de cultures différentes génère la beauté », il n’en va pas de même de  Matteo Salvini . Il a saisi son portable en pleine nuit pour faire part sur les réseaux sociaux de sa désapprobation : « Mahmood… Bof… La plus belle chanson italienne ? ! ? Moi j’aurais choisi Ultimo, et vous, vous en pensez quoi ? ». Les réactions se sont multipliées pour critiquer un commentaire aux motivations plus ethniques qu’esthétiques.

Un festival plus politique qu’artistique

Au-delà des intentions supposées ou réelles du ministre, l’issue de cette édition du concours de San Remo provoque une virulente polémique. Elle n’oppose pas des courants artistiques mais politiques en nourrissant le débat qui fait actuellement rage en Italie sur le conflit entre l’élite et le peuple.

Le lauréat est en effet désigné par un vote du public par SMS, corrigé par celui d’un jury professionnel composé d’artistes et de journalistes. Ces derniers ont offert le titre à Mahmood crédité pourtant de seulement 14 % des votes par les téléspectateurs, qui ont massivement préféré le favori, Ultimo, avec 46 % des voix.

Le nouveau directeur de la Rai, soutenu par l’actuel gouvernement populiste, s’est insurgé contre le « déséquilibre entre le choix populaire et celui de quelques dizaines de personnes ». Il en appelle donc à un changement des règles pour que le public se sente désormais vraiment représenté. « Ce n’est pas un festival du peuple mais des journalistes », a commenté Ultimo, le grand perdant. Qui a ainsi alimenté les violentes critiques de la presse conservatrice contre un jury « gauche caviar et bien pensant voulant honorer un chanteur homosexuel issu de l’immigration ». Mahmood préfère ne pas entrer dans la polémique. Je suis « de mère sarde et de père égyptien mais 100 % Italien » a-t-il rétorqué, se félicitant de pouvoir représenter l’Italie au concours de  l’Eurovision en mai à Tel Aviv . Le ministre de l’Intérieur beaucoup moins.

HAITI 24

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