La droite espagnole manifeste pour la défense de l’unité de l’Espagne

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« Pour une Espagne unie, des élections maintenant ! ». Près de 50.000 personnes ont manifesté à Madrid ce dimanche dans une nuée de drapeaux espagnols, à l’appel des conservateurs du Parti Populaire, des libéraux et de Ciudadanos, et de Vox à l’extrême droite. L’objet de leur colère ? Il n’y en a qu’un : Pedro Sánchez, le chef du gouvernement, accusé de « vendre l’unité de l’Espagne ». Depuis des jours ils n’ont pas de mots assez durs pour le qualifier : « Président illégitime, traite, félon, coupable de haute trahison », lance dans une litanie Pablo Casado (PP), qui appelle à « relever cette Espagne que Pedro Sánchez a mise à genoux ». « Il faut freiner cette dérive irresponsable », ajoute Albert Rivera (Ciudadanos). « Il faut virer ce gouvernement de traîtres, prisonnier de putschistes » réclame de son côté Santiago Abascal (Vox) via Twitter. Parmi la foule, aussi, l’ancien premier ministre français Manuel Valls, candidat à la mairie de Barcelone.

Nerfs à vif

Cette clameur débordante a été déclenchée avec l’annonce par le gouvernement, la semaine dernière, de la création d’une fonction de « rapporteur », qui puisse servir de notaire dans les conversations avec les indépendantistes catalans. Aussitôt évoquée, aussitôt décriée, l’idée a été abandonnée. Mais cette simple hypothèse a servi pour enflammer la droite, qui accuse Pedro Sánchez de céder devant les séparatistes et d’être prêt à tous les compromis opaques pourvu qu’ils lui servent à  faire voter son budget .

Les nerfs sont à vif, à quelques jours du début du grand procès qui s’ouvre ce mardi devant la cour suprême, pour juger les dirigeants indépendantistes catalans accusés d’avoir convoqué un référendum d’autodétermination illégal en octobre 2017. Sur la grande place de Madrid se sont les dirigeants des trois forces de droite, pour la première fois ensemble en première ligne. Même s’ils ont évité une « photo de famille », la manifestation est venue officialiser le  nouveau trio de la droite espagnole qui a surgi lors des élections andalouses .

Inquiétudes au parti socialiste

Les sondages indiquent que dans le pays déchiré par la question catalane, les trois formations qui agitent le drapeau espagnol ont un boulevard devant elles et, au sein du parti socialiste, bon nombre d’élus s’inquiètent. Il ne fait pas bon être perçu comme partisan du dialogue à l’approche des élections municipales et régionales de mai prochain.

Paradoxalement, pendant que l’opposition de droite crient à l’unisson à la trahison de la patrie, les  indépendantistes catalans reprochent au contraire à l’exécutif de ne pas avoir fait de « gestes » suffisants en faveur du dialogue, c’est-à-dire de s’être refusé, durant les préparatifs du procès, à intervenir auprès du procureur général pour qu’il revoie à la baisse les chefs d’inculpation les plus graves. Pedro Sánchez apparaît désarmé face à ces critiques croisés car ses adversaires se sont au moins mis d’accord sur une chose, les jours de son gouvernement sont désormais comptés.

HAITI 24

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