La Commission de suivi veut « délivrer » à tout prix, mais…

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Cette structure n’a aucune force contraignante sur les acteurs politiques. Elle ne peut compter que sur la bonne foi du Parlement et de l’exécutif pour respecter l’Accord d’ El Rancho. La Commission de suivi a déjà adressé en ce sens des correspondances aux concernés. Elle a jusqu’au 2 avril pour prouver son importance.

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Depuis la signature de l’Accord, la Commission de suivi a déjà organisé 6 rencontres de travail. Les dix jours ouvrables qu’elle dispose pour faire exécuter les points de l’Accord arriveront à terme le 2 avril prochain. Une véritable course contre la montre.  Lors d’une conférence de presse jeudi à l’hôtel El Rancho, les membres de cette structure ont tenté de convaincre l’opinion publique sur leur raison d’être et sur leur efficacité.

Selon Patrick Joseph, l’un des quatre représentants des partis politiques au sein de la Commission,  de concert avec la médiatrice, la Conférence épiscopale d’Haïti (CEH), la Commission de suivi est en contact avec les différents acteurs impliqués dans le processus du dialogue. Dans une correspondance adressée au président Martelly, lundi, les commissaires ont rappelé au chef de l’État qu’il avait pris l’engagement, dans un délai ne dépassant pas dix jours ouvrables après la signature de l’accord, de, entre autres, mettre en place un gouvernement d’ouverture, changer un de ses représentants au CEP.

Les commissaires ont également indiqué au président Martelly qu’ils ont pris note de la publication des noms des dix membres de la Cour supérieure des Comptes et  souligné que ces juges n’ont pas encore prêté serment pour entrer en fonction.

La Commission a aussi adressé, le 24 mars, une correspondance aux présidents des deux branches du Parlement leur rappelant qu’ils disposaient de 10 jours francs pour, entre autres, changer un ou confirmer la totalité de leurs représentants au CEP, amender la loi électorale… A ce niveau, il faut rappeler que des sénateurs, requis pour la tenue d’une séance à la Chambre haute, ont fait savoir qu’ils ne reconnaissent pas l’Accord d’El Rancho et que par conséquent ils ne sont pas tenus de respecter les termes de l’Accord de l’hôtel El Rancho.

La Commission de suivi a attiré l’attention du ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Jean Renel Sanon, sur l’article 3 de l’Accord de El Rancho qui traite de la détention préventive prolongée. Au Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ), les commissaires ont rappelé qu’ils ont la responsabilité de changer un ou confirmer la totalité de leurs membres au CEP et le suivi sur le dossier de frères Florestal considérés comme des prisonniers politiques.

Malgré la présence de plusieurs voix, au Parlement en particulier, qui se sont élevées pour dénoncer et critiquer l’Accord de El Rancho, notamment l’article 12 du document, l’ancien sénateur Rudy Hériveaux, l’un des représentants des partis politiques au sein de la Commission de suivi, a fait savoir que les membres de la Commission de suivi n’ont aucun problème à poursuivre leur travail. « Nous travaillons sereinement pour que chaque acteur puisse respecter ses engagements dans le délai imparti », a-t-il dit avec autorité.

Interrogé pour savoir ce qui arriverait si après la fin des dix jours francs, soit le 2 avril, les engagements pris par les acteurs n’étaient pas respectés, M. Heriveaux a indiqué qu’ « on ne peut pas prévoir ce qui va se faire ».  La Commission de suivi ne peut qu’espérer que les acteurs politiques respectent leurs engagements. L’ancien colonel Himmler Rébu a reconnu qu’au niveau de la Commission de suivi, ils n’ont aucun pouvoir contraignant pour  forcer les acteurs à respecter leurs engagements.

La Commission n’a pas dans ses attributions la résolution des problèmes non posés par l’Accord, a souligné l’ancien sénateur Irvelt Chery de l’OPL. « Notre travail consiste à aider les différentes parties à appliquer au mieux les points de l’Accord », a-t-il dit.

Le représentant du Parlement au sein de la Commission de suivi, le sénateur  Steven Benoît a brillé par son absence au cours de cette conférence de presse. Son siège est resté vide. « Il a été l’un des grands artisans de la signature de cet Accord, a déclaré Rudy Heriveaux. Il aurait dû continuer à travailler avec le même élan patriotique, la même force et le même sens de responsabilité au niveau de la Commission de suivi. Mais comme vous, nous constatons qu’il brille par son absence. Nous n’avons aucun commentaire  à faire là-dessus. Nous formons un bloc compact… »

A la question directe du Nouvelliste relative à la formation du gouvernement d’ouverture à savoir si l’un des membres de la Commission de suivi est intéressé à un poste de ministre ou avoir été contacté en ce sens, l’ancien sénateur Rudy Heriveaux s’est empressé de répondre de façon laconique : « Cela ne fait pas l’objet de la conférence de presse ».

Selon la Conférence épiscopale d’Haïti (CEH), la durée du mandat de la Commission de suivi s’étend jusqu’à l’organisation des prochaines élections prévues au plus tard le 26 octobre 2014.

Les 7 membres de la Commission de suivi:

  1. Irvelt Chéry
  2. Rudy Hériveaux
  3. Patrick Joseph
  4. Himmler Joseph
  5. Rosny Desroches
  6. Guy Michel Vincent
  7. Steven Benoît

Robenson Geffrard

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