Qui seront les nouveaux ministres du duo Martelly-Lamothe?

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La présidence haïtienne prépare un nouveau remaniement ministériel. Laurent Lamothe, sur les réseaux sociaux, a annoncé avoir rencontré le président Michel Martelly mercredi, une nouvelle fois, autour de la question.
« Je suis au Palais national avec le président de la République en vue de mettre en oeuvre les voies et moyens pour l’application de l’accord d’El Rancho », a dit laconiquement le chef du gouvernement ce 26 mars.

Le 19 mars déjà, le même message avait été partagé avec le public. « Je suis avec le président de la République pour mettre en oeuvre les voies et moyens pour l’application de l’accord d’El Rancho. »

Tous les observateurs de la chose politique et tous les acteurs de la classe politique savent ce que signifient ces mots.

Selon l’article 1er de l’accord d’El Rancho sur le dialogue interhaïtien, pour la conduite de l’action gouvernementale, « les parties s’accordent sur la mise en place d’un gouvernement d’ouverture capable d’inspirer confiance et de créer les conditions nécessaires pour réaliser des élections libres, honnêtes et démocratiques.

Dans un délai ne dépassant pas dix (10) jours ouvrables à dater de la signature de l’accord, l’exécutif intègrera dans l’appareil gouvernemental des personnalités inspirant confiance venant des partis politiques intéressés. »
Il y a bien dans l’air une petite mélodie pour mettre en branle une partie de chaise musicale. Les listes de probables participants se font et se défont.

On rit de certains noms qui font la une des rumeurs. D’autres personnalités provoquent de la commisération quand on évoque leur nomination probable. Il y a aussi des scénarios improbables. « Non, après l’accord, on ne peut pas venir avec Untel ».

Il y a des malatchong qui reviennent à chaque fois que l’on devine l’ombre d’un remaniement ministériel imminent. Ils sont de tous les cabinets fantômes, de toutes les combinaisons , des paka pala, dès qu’on parle de poste à pourvoir dans les avenues du pouvoir, quelle que soit l’orientation du gouvernement en place.

Il y a aussi les rassurants,  technocrates aguerris ou figures de la société civile, ceux qui font les parfaits hommes d’Etat, mais de si mauvais gentils ministres. « Il ou elle ferait l’affaire à n’importe quel poste, mais il ou elle ne dit pas oui à tout », déplore un rat des cabinets particuliers de ministre depuis 30 ans.

Ces bêtes curieuses, parfaits mauvais gentils ministres, sont aussi là, dans la course, mais sont rarement choisies. Rien ne devrait changer cette fois encore. Sauf si président et premier ministre décident de prendre le risque d’un camouflet à la première escarmouche.

Au final, encore une fois, la future mouture gouvernementale se construira à la dernière minute, sans lignes directrices claires. A l’haïtienne. On va bricoler, pour respecter l’accord d’El Rancho, une nouvelle mosaïque ministérielle sans aucun accord sur la gouvernance.

L’essentiel pour les ministres sera d’être dans le bon bus et pour l’exécutif de passer un cap.

Frantz Duval

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