La Face cachée de Mère Teresa

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Rares sont ceux qui doutent de la sainteté de Mère Teresa. Pourtant, son bilan, à bien des titres impressionnants, a aussi ses zones d’ombre. Mère Teresa a souvent manqué de discernement. Ou du moins, pris des positions contestables et accumulé des gaffes. Quelques exemples suggestifs, parmi de nombreux autres possibles, suffiront (pour en savoir plus, voir “La Face cachée de Mère Teresa”, publié aux éditions Golias).

Portrait taken in December 1991 in New Dehli shows Mother Teresa of Calcutta. / AFP PHOTO / RAVEENDRAN
Portrait taken in December 1991 in New Dehli shows Mother Teresa of Calcutta. / AFP PHOTO / RAVEENDRAN

En novembre 1995, l’Irlande, seul pays à maintenir cette interdiction, était invité à abroger l’interdiction du divorce. La plupart des partis irlandais appelèrent à voter “oui” au référendum. Le scrutin promettait d’être très serré (en définitive, le “oui” l’emporta par 50,3% des suffrages). Mère Teresa, qui n’est pas irlandaise, appela à voter “non”.

En 1981 déjà, Mère Teresa reçut à Haïti la plus haute distinction du pays des mains de la famille Duvalier, qu’elle remercia par un discours enthousiaste, expliquant que le dictateur Jean-Claude Duvalier -“Bébé Doc‘- et sa femme Michèle non seulement aimaient les pauvres’, mais étaient ‘adorés d’eux’.

Quelques années plus tard, en 1990, en Albanie, elle déposa une couronne de fleurs sur la tombe de l’ancien dirigeant stalinien totalitaire, sanguinaire et inhumain, Enver Hodja, ce qui heurta profondément de nombreux albanais.

En 1992, elle intervint lors du procès de Charles Keating, l’un des plus redoutables escrocs américains du siècle écoulé. Le milliardaire s’était enrichi aux dépens des petits épargnants. Catholique intégriste, il menait une croisade contre la pornographie et tenta en particulier de faire condamner Larry Flint (voir le film de Milos Forman qui lui est consacré). Il avait donc droit, dans l’esprit de Mère Teresa, à toutes les excuses ! Elle abhorrait les ‘hérésies progressistes’.

On a souvent déploré les risques graves favorisés par le développement précaire des techniques de soin dans les établissements inspirés par Mère Teresa. Parfois, cela était inévitable en raison de la pauvreté de moyens, financiers et autres ; d’autres fois il semble qu’il y ait eu un parti pris ‘providentialiste’. En outre, une part importante de l’argent reçu servait à financer des couvents de l’ordre fondé par Mère Teresa, alors que ces fonds auraient sans doute été plus utiles dans les cliniques.

Mère Teresa a condamné sans relâche non seulement l’avortement mais encore la contraception. Pour elle, l’interruption de grossesse constituait ‘le principal danger qui menace la paix mondiale’. Elle refusait toute approche critique nuancée de la question, et se contentait d’affirmer : ‘Il n’y aura jamais trop de bébés, parce qu’il n’y a jamais trop de fleurs ou d’étoiles.’

Cette ‘mère des pauvres’ se prononça pourtant de façon très dure contre la théologie de la libération, et les autres ‘hérésies progressistes’ qu’elle abhorrait. Aux arguments opposés, par exemple, la souffrance des misérables, elle n’hésita pas à dire : ‘Il y a quelque chose de très beau à voir les pauvres accepter leur sort, le subir comme la passion du Christ. Le monde gagne beaucoup à leur souffrance.’

Est-ce vraiment chrétien ?

Rue89

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