Le Sénat brésilien vote pour la destitution de la présidente Rousseff

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La plupart des sénateurs brésiliens ont voté pour la destitution de Dilma Rousseff, première femme présidente du pays.

Le Sénat brésilien a voté mercredi pour la destitution de la présidente du pays Dilma Rousseff, accusée d’infractions budgétaires et écartée du pouvoir depuis le 12 mai pour une période de six mois maximum, le temps de son procès en destitution.

61 sénateurs ont voté pour la destitution de Mme Rousseff et vingt ont été contre. En vertu de la loi, 54 voix étaient nécessaires pour sa destitution.

Cette décision, qui met fin à 13 ans de gauche dans le pays, arrive au bout des dizaines d’heures de débats techniques et parfois passionnés. Les sénateurs ont mis trois jours pour mener à bout la procédure de destitution.

Lundi, la présidente brésilienne a répondu pendant 14 heures aux questions des 81 sénateurs à Brasilia.

Plusieurs centaines de manifestants étaient réunis devant le Sénat pendant cette séance. Les gens tenant des roses et des portraits de Dilma Rousseff réclamaient la démission du vice-président Michel Temer, qui avait précipité la chute de la présidente.

“Pendant que la présidente lutte pour la démocratie au Sénat, le peuple manifeste son soutien dans la rue”, a indiqué lundi Mme Rousseff sur Twitter.

Mardi, les débats ont duré près de 16 heures dans la chambre haute du parlement, mais seuls 63 des 66 sénateurs souhaitant s’exprimer ont eu le temps d’intervenir. La plupart des sénateurs se sont prononcés en faveur du départ de la présidente pendant les débats. 43 personnes étaient pour, 18 contre et deux n’ont pas annoncé leur intention de vote. Quinze autres sénateurs ont refusé de préciser leur position.

Accusée de maquillage des comptes publics en 2014, année de sa réélection, et en 2015 pour masquer l’ampleur de la crise économique, Mme Rousseff nie avoir commis un crime dit “de responsabilité” et dénonce une tentative de “coup d’Etat” institutionnel. Elle avait annoncé qu’elle “lutterait jusqu’à la dernière minute de la seconde mi-temps”.

Dilma Rousseff était la présidente du Brésil depuis le 1er janvier 2011. Elle a été réélue de justesse fin 2014 pour un second mandat de quatre ans. Un an après, elle a pâti de la récession économique, avec une popularité au plus bas (9%) et a peiné à faire approuver par le Congrès ses mesures d’austérité, tandis que l’opposition a multiplié les manœuvres pour l’isoler.

Héritière politique de l’ex-président Luiz Inacio Lula da Silva, Mme Rousseff est entrée dans l’histoire en 2011, en devenant la première femme présidente du Brésil. Elle devient le second chef d’Etat brésilien à avoir été destitué, après Fernando Collor de Mello en 1992.

Michel Temer, 75 ans, dirigeant du parti centriste PMDB et ex-vice-président de Mme Rousseff, assume la présidence du pays. Il prêtera serment au parlement avant de s’envoler jeudi vers la Chine pour participer à un sommet du G20.

Sputnik

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