Dernière ligne droite du procès Clifford H. Brandt et consorts

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C’est aujourd’hui que l’audience criminelle sans assistance de jury, suspendue le lundi 29 août 2016, doit être reprise. Elle a été remise au jeudi 1er septembre, après l’interrogatoire de Clifford Brandt, accusé d’enlèvement, de séquestration contre rançon, de blanchiment des avoirs, de faux et d’usage de faux, usurpation de titre et association de malfaiteurs. Il était le dernier accusé à donner sa version concernant l’enlèvement de Coralie et de Nicolas Moscoso.

Dans ce dossier, ils sont six sur le banc de l’infamie. Avant la décision du juge Joseph Jeudilien, ils sont de présumés innocents. Au cours de l’interrogatoire, chaque accusé a été examiné séparément. En témoigne l’article 261 du code d’instruction criminelle qui stipule que: «Le doyen du tribunal criminel pourra avant, pendant ou après l’audition d’un témoin, faire retirer un ou plusieurs accusés, et les examiner séparément sur quelques circonstances du procès ; mais il aura soin de ne reprendre la suite des débats généraux qu’après avoir instruit chaque accusé de ce qui sera fait pendant son absence, et de ce qui en sera résulté.»

Aucun accusé, en vertu de cet article, ne doit assister à l’interrogatoire d’un autre. Ainsi, le premier interrogé peut assister à l’audition du 2e accusé, ainsi de suite. Il en était de même pour les témoins-experts cités par le conseil de l’accusé.

Si tout va bien, on entre d’emblée dans la phase des débats généraux où le ministère public, la partie poursuivante, va administrer la charge de la preuve et requérir la peine pour l’infraction commise. Tandis que la défense va combattre la réquisition du ministère public, essayer de disculper l’accusé en prouvant son innocence dans le dossier et le mettre hors des liens de l’accusation. Dans le pire des cas, elle doit jouer toutes ses cartes afin d’obtenir des circonstances atténuantes pour son ou ses clients.

On l’a déjà dit, les débats généraux s’annoncent intéressants. Les représentants du ministère public devront développer, pour le tribunal, des arguments en vue d’obtenir la condamnation des accusés. À leur tour, à cette phase de la plaidoirie du fond, les avocats des conseils des accusés vont livrer une bataille pour convaincre le doyen du tribunal criminel de l’innocence de leurs clients. C’est la guerre des parties déclarée entre le ministère public et les avocats de la défense.

Tous les yeux sont rivés sur le palais de Justice de Port-au-Prince. Tout le monde attend qui va se passer dans le procès communément appelé le procès de l’année 2016.

On est unanime à reconnaître que tout a bien commencé. Les parties, jusqu’à aujourd’hui, se respectent. Le juge Fanfan dirige, jusqu’à présent, les débats avec doigté et équité. On espère que même ceux-là qui seraient condamnés par une décision du juge n’auront pas grand chose à lui reprocher. Le greffier Dieuveil Pierre et l’huissier Thélémaque Antoine Junior ont du pain sur la planche dans leur tâche de seconder le doyen dans les deux phases du procès: débats particuliers et débats généraux.

Le Nouvelliste

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