Ils nous ont eus les salauds

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« Lorsque les nazis sont venus chercher les communistes,
je n’ai rien dit,
je n’étais pas communiste.

Lorsqu’ils ont enfermé les sociaux-démocrates,
je n’ai rien dit,
je n’étais pas social-démocrate.

Lorsqu’ils sont venus chercher les syndicalistes,
je n’ai rien dit,
je n’étais pas syndicaliste.

Lorsqu’ils sont venus me chercher,
il ne restait plus personne
pour protester. »

– Martin Niemöller, 1942.

Ils nous ont eus les salauds

Martin Niemöller
Martin Niemöller

En nous faisant croire que :

  1. La politique n’est pas pour nous;
  2. Les problèmes à l’Hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti (HUEH) ne nous concernent pas, nous qui emmenons nos enfants à l’étranger pour leurs vaccins;
  3. Les problèmes à l’Université d’Etat d’Haïti (UEH), idem car nos enfants étudieront chez l’oncle Sam ou à défaut chez le voisin de l’autre côté de l’île;
  4. C’est plus branché de se plaindre de son inverter qui a disjoncté que de l’EDH (Electricité d’Haïti) n’assurant pas son service.
  5. C’est beaucoup plus classe de parler de ce kindergarten à $2,000 US comme frais d’entrée que de cette éducation au rabais dans les écoles publiques;
  6. C’est plus correct de penser à changer sa coccinelle pour une grosse cylindrée 4×4 que d’exiger des routes praticables et un service de transport en commun moderne.

Ils nous ont eus les salauds !!

Ils nous ont eus les  salauds en nous faisant croire qu’on n’est nullement concerné par les problèmes du pays.

Ils nous ont eu les salauds en érigeant cette barrière mentale entre “le pèp (le peuple)” et nous (Moun ki reyisi, ceux qui sont sortis du lot) vivant sur cette planète virtuelle de classe moyenne tout en aspirant à la classe supérieure mais laissant le pèp en bas patauger dans sa boue, dans sa puanteur.

Ils nous ont eus les salauds en instaurant chez nous la peur de parler, de revendiquer nos droits même sur les réseaux sociaux au risque d’être taxé de “faire de la politique” (leur bien privé, leur chasse-gardée).

Ah les salauds, comment construire une nation, comment reconstruire un pays si personne n’est concerné par les souffrances et la misère “communes” ?

– Papa, pa gen kouran non ! (Papa il n’y a pas d’électricité)
– Pa gen kouran ! Meyè pou Lafrans map tou pase jeneratris mwen an. (Je m’en fiche, on allume la génératrice)

“Meyè pou La Frans?” Et Haiti dans tout cela?

Belle saloperie de pub !!!

Que de salauds: des grands, des petits, des chabins, des mulâtres, des blancs, des tèt grenn (cheveux crépus) etc. Salauds, salauds.

Je n’ai pas si peur des “méchants” (des salauds), j’ai beaucoup plus peur du silence des justes et de la passivité des  paisibles citoyens ki pa nan afè-moun (qui se taisent), tous des salauds !

Ils ont gagné la bataille mais pas la guerre !

Haiti n’est pas condamnée!

Lajenès reveye w ! (Jeunesse de mon pays, reveille-toi !)

Lédidi, Haïtienne 366 jours/an