L’économie ne pardonne pas, la menace est à nos portes

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Évocateur, le titre du dernier Rapport du Fonds Monétaire International (FMI) est symptomatique des inquiétudes économiques mondiales: “Too slow for too long“, titre l’institution de Bretton Woods dans sa radiographie de l’économie mondiale.

En effet, les prévisions de croissance de l’économie mondiale du FMI ne font pas du tout rêver, loin de là. La croissance ne devrait pas dépasser les 2% dans la plupart des pays développés de l’OCDE, les BRICS (principaux pays émergents) reculent considérablement et doivent faire face à des difficultés d’ordre macro économique, politique et/ou géopolitique.

Au Brésil, c’est carrément la “berezina” dans ce qui s’apparente à une véritable opération fantôme en République Bananière. La magie auriverde ne fonctionne plus, le pays est en récession économique aiguë et n’est plus dirigé efficacement en raison de la lutte à mort que se livre les élites politiques.

La Russie est en déclin économique, la monnaie nationale (le rouble) a perdu près de la moitié de sa valeur en 2 ans. Le pays doit subir en plus les sanctions occidentales liées à la crise en Ukraine et soutenir l’effort de guerre de Vladimir Poutine en Syrie.

En Afrique du Sud, l’économie est à l’arrêt, le secteur minier fait face à de sérieux problèmes structurels, et aujourd’hui il semble de plus en plus évident que les jours de Jacob Zuma au pouvoir sont comptés en raison des affaires de corruption tandis que la colère gronde même au sein de son parti ANC.

La croissance chinoise qui a été la principale locomotive économique mondiale est en panne depuis 4 trimestres même si les fondamentaux de l’économie de l’empire du milieu ne sont pas tout à fait dans le rouge.

Les pays de l’OPEP souffrent du ralentissement de la demande et de la baisse des prix du pétrole qui avoisinent les 30 dollars le baril alors qu’il était à 100 dollars en 2014. Ajouter à cela, le retour de l’Iran sur le marché pétrolier, après la levée des sanctions résultante de l’accord sur le nucléaire, est de nature à faire chuter encore plus les prix.

Face à une telle situation, l’Arabie Saoudite (en grande partie responsable de la baisse des prix) change de pied en lançant il y a une semaine le plus important Fonds d’investissement souverain du Monde, doté d’un trésor de Guerre de 2000 milliards de dollars, pour réduire la dépendance du Royaume à l’or noir d’ici à 2030. Les autres pays pétroliers moins nantis sont en roue libre et passent à la trappe: l’économie Russe est en pilotage automatique, le Nigeria en free style et le Venezuela en parachute libre à 1500 pieds d’altitude.

En fait, seul l’Inde semble tirer son épingle du jeu chez les BRICS. Chez les pays de l’OCDE, l’Allemagne et les États-Unis tiennent tant bien que mal, mais pour combien de temps encore?

Que Dieu nous en préserve, mais on semble au mieux parti pour un tour de stagnation séculaire ou au pire une nouvelle crise systémique.

Fernando Estimé

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