« Bye Bye papa » ou l’envie de faire du cinéma !

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La grande première de la deuxième production cinématographique, après « Vocation », de l’entrepreneur et journaliste d’opinion, Valéry Numa, a eu lieu comme prévu, le jeudi 26 mars, dans les jardins de l’hôtel El Rancho. Le public était nombreux à faire le déplacement. Après avoir vu la production, il retiendra que le présentateur vedette de Vision 2000 à l’écoute,  veut offrir quelque chose, dans ce pays dépourvu de salles de cinéma depuis déjà plusieurs années.

Après son film documentaire réalisé en 2003 titré : « La presse face à son destin » et « Vocation » en 2005, une fiction traitant de la passion du métier de journaliste, Valéry Numa, plus connu pour ses émissions à la radio depuis déjà de nombreuses années, offre après 10 ans, « Bye Bye papa » au public haïtien.

Une « comédie sociale », revendique l’auteur qui, quoique commencée avec quelque 2 heures de retard, a drainé pour sa grande première, une kyrielle de curieux, dont des cinéphiles qui ont eu, avec beaucoup de peine, les yeux rivés sur un grand écran dressé sur la cour arrière de l’hôtel, où les sièges, faute de cet espace inapproprié, étaient alignés à la même hauteur sur la surface.

On peut imaginer le reste quand on sait que de toute façon, les têtes des uns obstruaient les yeux des autres. Mais bref, on comprend aussi qu’il n’existe pas non plus ici de salles de cinéma.

Au-delà des irritants de l’assistance qui éprouvait une grande impatience quant au retard accumulé par rapport à l’heure prévue pour la projection, il y a le film lui-même. Un film dont la crédibilité de l’histoire, développée durant plus de deux heures d’horloge, semble manifestement ne pas combler les attentes des spectateurs, quoique beaucoup paraissaient se plaire du spectacle.

Le fil de l’histoire

En effet, toute l’histoire s’est pratiquement déroulée autour d’un couple (Patrice et Sòraya), dont la relation amoureuse ne s’était fondée sur de bonnes bases. Avec l’arrivée d’un enfant après que Sòraya ait perdu son emploi et que Fabrice qui menait une vie de « raquetteur » commence à perdre du poil dans ses activités pour le moins illicites, ce couple qui vivait un amour un peu mensonger, a fini par se séparer brutalement, à cause des soucis financiers et l’infidélité de Fabrice qui s’est retrouvé finalement avec le bébé sur les bras, après que la mère soit partie. Voilà un peu la substance synoptique du film.

Une simple histoire qui ne se distingue pas du déjà vu et qui n’étonne pas,  en conséquence. Une histoire un peu hachée qu’est loin d’inviter les cinéphiles à la réflexion. Ce, pour n’avoir tout simplement pas proposé un synopsis sortant copieusement du bassin de l’imaginaire créatif.

On a peut-être oublié ou ignoré que le cinéma est un art, le 7e. Et, en tant que tel, des exigences comme : la créativité, le nouveau, le fabuleux, le mythique, l’imaginaire créatif pour ne citer que celles-là, s’imposent à tout créateur. Ce n’est pas un mauvais jeu avec lequel qu’il faut jouer. Autrement dit, un peu comme au théâtre, le spectacle que propose un film de long métrage, véritable « rendez-vous émotionnel » entre acteurs, spectateurs et/ou téléspectateurs, doit témoigner d’une certaine crédibilité.

Côté technique de « Bye Bye papa », il faut avouer la qualité plus ou moins acceptable du son et de l’image, en dépit de quelques failles liées au problème récurrent d’un cinéma haïtien, privé pratiquement de presque tout pour atteindre le niveau standard international.

Quant aux acteurs, certains essaient de se mettre dans la peau du personnage incarné. Tandis qu’on peine à trouver chez d’autres, le naturel qui doit à tout prix commuter, les dialogues vides, les conversations gratuites, les jeux faux et les faux semblants.

Si le rire était de la partie avec, notamment un Peterson François Junior, l’un des deux protagonistes dans le rôle de Fabrice Dupoux, ce n’était pas pour son talent de comédien, mais plutôt pour des énoncés sans substance, frisant même parfois le ridicule. Chez nous, beaucoup ont malheureusement tendance à confondre le comique et le ridicule.

« Bye Bye papa », à l’instar de tant d’autres productions cinématographiques haïtiennes, n’offre rien d’extraordinaire. Néanmoins, des spectateurs reconnaissent et apprécient le dévouement et le vouloir-faire de Valéry Numa qui nourrit toujours l’idée de s’aventurer dans le cinéma dans ce pays en manque de tout.

Alix Laroche

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