Quand Miguel Insulza fait son mea culpa

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Après les révélations pour le moins honteuses de Ricardo Seintenfus, ex-représentant de l’OEA en Haïti, à l’Université Quisqueya, le 6 février dernier, lors d’un débat sur les élections de 2010 où la méchanceté des Etats-Unis, de la France et du Canada a été évoquée dans la manipulation des élections de 2010 à travers l’Organisation des Etats américains, le secrétaire général sortant, Jose Miguel Insulza, a confirmé la véracité de ces faits. Sans donner trop de détails, le chef sortant de l’organisation hémisphérique, qui a rencontré les dix sénateurs en poste, a admis lundi les torts causés par l’OEA lors de ces élections. Si Insulza, en sa qualité de diplomate, n’a pas trop révélé sur les agissements de l’organisation qu’il dirigeait, Seintefus, professeur d’université de son état, avait vidé son sac en déclarant que ces pays amis d’Haïti refusaient que le Brésil expérimente le vote électronique en 2010 en Haïti avec un coût inférieur au vote manuel. Le Brésil a été sommé d’abandonner ce processus au bénéfice d’Haïti.

A la suite des révélations de ces deux personnalités issues de l’OEA, l’on comprend aisément pourquoi les élections de 2010 étaient aussi controversées. En empêchant le Brésil de réaliser le vote électronique, ces grandes puissances occidentales disposent de voies et moyens pour que le vote manuel soit toujours l’objet de contestations. Ces contestations provoqueront des crises électorales qui seront transformées en crise politique. Voici de fort belle manière comment ces pays, à travers leurs diplomates en poste à Port-au-Prince et par l’entremise de l’OEA, créent l’instabilité en Haïti. La phrase célèbre de l’ancien chef civil de la Minustah Edmond Mulet, après la publication des résultats du premier tour de la présidentielle, à savoir que la communauté internationale n’est pas prête à accepter la présence de Jude Célestin au second tour du scrutin présidentiel, atteste l’ingérence flagrante de la Minustah et de l’OEA dans le processus électoral.

A la lumière de toutes ces considérations, les observateurs suivent de près les rapports qui se développeront entre le Conseil électoral dirigé par Pierre-Louis Opont, la Minustah, l’OEA et les diplomates des soi-disant pays amis d’Haïti à l’occasion des prochaines élections. Il n’est pas étonnant de constater que les partis politiques gardent un profil bas dans ce débat, car aucun chef de parti politique ne veut émettre une opinion négative sur les diplomates en poste à Port-au-Prince pour ne pas être en porte-à-faux avec les ambassades étrangères des grandes puissances.

Pendant combien de temps le pays de Dessalines acceptera-t-il la tutelle de la Minustah, de l’OEA, des ambassades étrangères dans le ramassage des ordures, l’organisation des élections, le financement des projets agricoles, les forums sur la décentralisation et l’aménagement du territoire et le financement du déficit budgétaire ?

Lemoine Bonneau

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