Elections, personne n’est de trop

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L’inscription des partis et regroupements intéressés à prendre part aux élections de cette année est terminée depuis vendredi minuit. 192 entités se sont présentées à l’annexe du Conseil électoral sur la route de Frères. Jamais les appareils politiques ont montré autant d’intérêt pour des élections. Il faut dire que rarement depuis la fin du régime des Duvalier le pays a passé une si longue période sans la tenue d’aucune élection.

En plus des partis et plate-formes, alliances et regroupements, les indépendants seront aussi de la course. Tout nous promet des compétitions très animées quel que soit le nombre de recalés qui recevront un mauvais carnet de l’organisme électoral et seront écartés du scrutin à cause de pièces manquantes ou autres imperfections de leur dossier de candidat à la candidature.

Dans ce touffu bouquet d’aspirants, bien vite on découvrira des fous, des farfelus, des particules, des là pour être là, des coureurs de CV, des aventuriers en recherche de subvention et de vraies organisations politiques. Tous ceux qui répondront aux critères de la Constitution et du décret électoral auront la légitimité pour participer aux élections locales, municipales, législatives, sénatoriales, présidentielle.
Au départ, aucun candidat ni aucun parti ne sont au-dessus du lot. D’ailleurs, les grands partis le sont parce qu’existent les petits. Les candidats potables et crédibles le sont parce que les farfelus soulignent leur poids. En démocratie, telle que nous la construisons, il n’y a jamais ni trop de partis, ni trop de candidats. Tous ceux qui respectent les prérequis sont qualifiés.

Cela dit, cette atomisation de la classe politique souligne le rachitisme de tous les grands courants ou de ceux qui se croient tels. Les ciments idéologiques, organisationnels, messianiques, financiers ne lient pas assez les courants, les ruisselets qui chacun se voit en puissant fleuve.
Qu’est-ce qui pourra porter les éléments semblables à se mettre dans des ensembles plus grands que leur univers individuel?

Qu’est-ce qui nous épargnera en 2015 d’élire un autre président comme Michel Martelly sans allié au Parlement. Tèt Kale, faut-il le rappeler, est arrivé au pouvoir avec en tout et pour tout 4 oui quatre élus en 2011. Le président et trois députés. Si on ne s’explique pas les péripéties de la présidence Martelly avec le Parlement c’est qu’on a oublié cet important détail, ce désert.

Qui des forces d’argent, des forces de l’esprit, qui proposera une ingénierie politique susceptible de faire comprendre aux acteurs politiques qu’on n’a nul besoin en Haïti de réinventer les mécanismes de la bonne gouvernance.

La presse aura aussi un important rôle à jouer dans les mois à venir. Faut-il dans les médias soutenir un modèle politique mort-né ? Faut-il faire une place à tous les illuminés ? Faut-il constamment rechercher des vierges à sacrifier sur l’autel de la politique haïtienne pour confirmer que l’échec est la seule option?

La clairvoyance est de rigueur car s’il ne faut pas encourager pas la réinvention de la roue on ne doit pas non plus tuer l’innovation, le renouvellement, le changement nécessaire.

192 partis et plate-forme, des centaines d’indépendants, c’est autant de chances que de handicaps.

En 2015, pour les élections, personne ne sera de trop si chacun se trouve à la bonne place. Il y a tellement de postes à pourvoir.

Frantz Duval

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