Pilotage automatique

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Lundi matin, le décès de Sony Estéus, journaliste, animateur, membre de Saks, a frappé la corporation. Avant 1 heure de l’après-midi, on savait déjà que deux manifestations de l’opposition étaient programmées pour cette première semaine de mars.

Pour la deuxième semaine, c’est une grève de transporteurs, qui veut mettre le pays à l’arrêt pendant deux jours, qui a été lancée. L’après-midi était encore jeune quand la nouvelle de l’assassinat par balle de l’ancien chef de la sécurité présidentielle Oriel Jean faisait les manchettes.

On a aussi appris qu’une délégation du rectorat de l’Université d’Etat d’Haïti a rendu visite à l’étudiant arrêté, battu et maîtrisé ou maîtrisé, battu et arrêté, la semaine dernière. Toujours pas inculpé, l’étudiant en master est gardé en prison à Croix-des-Bouquets alors que son cas nécessite des soins.

Avant que la nuit ne tombe, de Petit-Goâve, on apprenait qu’un autobus de Capital Coach Line a été incendié. La rumeur disait que c’était à cause de la nationalité dominicaine du chauffeur. Cela ne tient pas, a déclaré le propriétaire de la compagnie. C’est la quinzième attaque que subit un bus de sa compagnie sur le même circuit.

Le Premier ministre a pris la parole lundi lors de l’installation du nouveau secrétaire général de la Primature, mais Evans Paul n’a pas profité de l’attention des médias pour faire le point sur aucun des points chauds. Ni ceux de la semaine écoulée. Ni ceux de celle qui débute.

Le gouvernement a travaillé en Conseil des ministres, lundi. Le décret électoral a été signé par l’exécutif. Il est trop tôt pour savoir s’il comporte des dispositions susceptibles de provoquer une levée de boucliers des secteurs intéressés ou si le processus électoral monte enfin sur ses rails avec un instrument légal en bonne et due forme. On saura assez tôt comment se présentent les prochaines élections. Une certitude : nous aurons, pour la 50e législature, 118 députés au lieu de 99.

Mis à part les condoléances du ministère de la Communication après le décès de Sony Estéus, en un jour avec autant de nouvelles, les unes plus graves que les autres, aucune déclaration, d’aucune sorte, par aucune autorité, n’est venue éclairer l’opinion. Cela n’a rien de rassurant.

En attendant, nous jouons avec des étincelles, de la gazoline et des objectifs divergents. On fait feu de tout bois pour brûler des véhicules, des pneus, l’espoir de nos demains meilleurs et le temps qui passe.

L’avenir est sur pilotage automatique. Le pays aussi.

Le Nouvelliste

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