La fracture sociale !

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Le Gouvernement semble être convaincu que la miséreuse population haïtienne doit consentir à régler sans geindre la lourde facture du carburant à la pompe. Les Princes de la République ( Ô paradoxe ! ) s’imaginent que c’est aux plus pauvres de continuer à financer le rythme fou de leurs dépenses somptuaires…et insensées.

Que de nouveaux riches l’espace d’un mandat présidentiel ! Inversement, que de pauvres ! La fracture sociale s’est aggravée. Une minorité marginale d’inclus a profité largement des bienfaits de la manne “Petrocaribe” quand une majorite d’exclus a jusque-là laissé faire… bouche bée …dans le dénuement. En fait, jusqu’à ces grèves.

Nos dirigeants, avec une audace sans pareille, crient à ” l’urgence économique” pour la survie financière de l’Etat. Le tambour s’est révélé lourd à porter après les bals et les carnavals infinis des années fastes, gargantuesques et festives. Une belle ruse pour dissimuler les gabegies et se trouver de bonnes raisons de ne pas accéder aux demandes pressantes des masses nécessiteuses.

La population, en état de détresse, vivotant à partir de miettes et de petites “brasses” quotidiennes faites d’ingénuosité, est comme en situation de ras-le-bol. C’est sur ce mécontentement sourd d’un peuple déçu et bafoué que surfent des opportunistes de tout poil, syndicalistes et politiciens confondus.

Par ces grèves répétitives et toujours réussies, c’est une population frustrée et perpétuellement trahie dans son besoin de mieux-être qui manifeste et proteste à domicile dans le silence inquiétant et déstabilisant des rues désertes. Notre résilience de peuple poussée à son point limite.

Si la facture pétrolière pour les ménages a un coût, la fracture sociale a aussi un prix pour le pays. Ni l’une ni l’autre n’est pour le moment douce et supportable. Tout est fortement amer et insupportable.

Le gouvernement bavard et fanfaron de Lamothe n’a su rien résoudre en profondeur sur le volet de la “question sociale”. Toutes choses étant égales par ailleurs, ce n’est point dans le silence des zombies que le gouvernement de Evans Paul va soulager la misère d’un peuple désormais en grève permanente et en état de désobéissance civile.

Ce peuple a tout vu. Donc, il a compris. Malheur aux dirigeants élus ou de facto qui font semblant de ne rien comprendre.

Daly Valet

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