Une sévère correction

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La grève lancée par les syndicats de transports publics, zébrée de quelques éclairs de violence, a réussi. Les circuits automobiles et tout ce qui va avec étaient perturbés sur toute l’étendue du territoire le lundi 2 février. Les chauffeurs publics réclament une baisse des prix des carburants. Ils avaient la solidarité des usagers et la compréhension des propriétaires de moyens de transports privés et de tous ceux qui, pour une raison ou une autre, utilisent un moteur à essence.

Rarement grève a récolté autant de compréhensions.

Tous les Haïtiens qui écoutent les nouvelles, savent que les prix des produits pétroliers baissent sur le marché mondial, tous espèrent en ressentir les effets sur le plan local. De cœur ou d’esprit, sans le dire ou la mine réjouie, ils attendent l’annonce d’une nouvelle baisse.

L’ajustement des prix à la pompe aurait dû être automatique si les gouvernements haïtiens avaient suivi les recommandations qui leur sont faites depuis la première moitié des années 80 du siècle dernier. Le premier et le plus important des conseils est d’appliquer la vérité des prix.

Les prix baissent, baissez le tarif à la pompe. Les prix montent, faite suivre. Cela aurait dû être si simple.

Pourtant, chaque gouvernement haïtien préfère n’en faire qu’à sa tête. Au final, les consommateurs et l’économie haïtienne finissent toujours par payer la note. En ne faisant pas jouer la vérité ni la concurrence, on paie le pétrole plus cher qu’il ne devrait coûter ou moins cher qu’il ne devrait être facturé, ce qui occasionne déficit budgétaire, enchérissement de la valeur du dollar, notre devise étalon. Des décennies que cela dure.

L’administration Martelly-Paul se doit après la grève de ce lundi de faire un geste supplémentaire, celui de vendredi étant visiblement insuffisant. Cette nouvelle baisse attendue va grever un peu plus les comptes du Trésor public, mais c’est le prix à payer pour s’être écarté du droit chemin de la bonne gouvernance.

Avec le pétrole, seule la vérité des prix nous évitera les sévères corrections à répétition.

Le Nouvelliste

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