Pas d’augmentation du prix du gaz

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Entre un ajustement des prix des produits pétroliers et la continuité de la subvention, le gouvernement a opté pour la deuxième possibilité. Il ne va plus augmenter le prix du carburant à la pompe. Alors que l’augmentation prévoyait une recette additionnelle d’environ 4 milliards de gourdes qui est insérée dans la loi de finances de 2014-2015, le contexte socioéconomique et politique du pays a eu le dessus. La subvention se poursuit.

L’augmentation des prix des produits pétroliers est reportée jusqu’à nouvel ordre. Le porte-parole du Premier ministre Laurent Lamothe le confirme au Nouvelliste. Le dossier est sensible, Me Michel Pierre Brunache le reconnaît. Il ne s’aventure pas dans les eaux profondes sur ce point. Cependant, il souligne qu’une augmentation actuellement du prix de l’essence sur le marché local aura des répercussions sur les plus vulnérables, ce qui sera en incompatibilité avec la lutte contre l’extrême pauvreté menée par les autorités.

Le gouvernement a donc fait le choix douloureux de continuer à subventionner les produits pétroliers. Me Brunache indique qu’une commission étudie pour le moment les impacts que pourraient avoir une augmentation des prix des produits pétroliers sur les ménages.

C’est une décision extrêmement importante qui risque d’avoir des conséquences majeures sur l’économie, indique pour sa part Lucien Jura, porte-parole de la présidence. « Aujourd’hui, les produits pétroliers ont un caractère transversal sur la vie nationale, une augmentation ne manquera pas d’affecter le coût de la vie et les ménages, dit-il. Avant d’arriver à une telle décision, il faut être sûr qu’il n’y a aucune autre possibilité. »

« Nous sommes, ajoute-t-il, dans une phase de discussions et d’analyse des projections. Les calculs généralement  quelconques sont en train d’être faits afin d’arriver à la meilleure formule. C’est ce qui explique les balbutiements, les tâtonnements et les questionnements à la recherche de la meilleure formule. »

Selon Lucien Jura, Durant tout son mandat, le président Martelly a toujours pris un ensemble de mesures à caractère social qui visent à améliorer les conditions de vie des couches les plus pauvres.

De son côté, le président de la commission Finances et Economie de la Chambre des députés a fait savoir au Nouvelliste que même si le gouvernement revient sur sa décision d’augmenter les prix des produits pétroliers, ils vont continuer à travailler sur le projet de la loi de finances tel que déposé par le ministère des Finances. « L’exécutif devra nous envoyer un budget rectificatif, dit au Nouvelliste le député Cholzer Chancy. C’est le gouvernement qui fait les prévisions et nous autres parlementaires nous votons le crédit après avoir analysé la façon dont ces fonds vont être dépensés. »

Le parlementaire insiste  sur le fait que si le gouvernement estime qu’il ne sera pas en mesure d’atteindre les objectifs de recettes fixés dans le budget, « il nous enverra un budget rectificatif revu à la hausse ou à la baisse dépendamment de la situation des recettes fiscales », précise-t-il.

Les prévisions de collecte de fonds sur les produits pétroliers devraient atteindre environ 8 milliards de gourdes, selon le budget 2014-2015, soit une augmentation de 4 milliards de gourdes par rapport au budget précédent.

Le Nouvelliste a voulu savoir si le secrétaire d’Etat à l’Economie, Alfred Métellus, a été démis de ses fonctions à cause de cette affaire d’augmentation des prix des produits pétroliers. Interrogé sur le dossier, le porte-parole du Premier ministre ne le confirme pas, cependant Michel Pierre Brunache indique au journal que Alfred Métellus, qui était avant conseiller économique de Laurent Lamothe, retrouvera son ancien poste de conseiller.

Robenson Geffrard

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