Le Brésil retient son souffle avant le match d’ouverture

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Juste avant le coup d’envoi de la Coupe du monde, la presse brésilienne évoque les tensions sociales et politiques qui ont entouré la préparation de l’évènement. Mais les journaux attendent aussi avec impatience l’entrée en lice de la Seleção, et le début de la fête.

A deux jours de l’ouverture de la Coupe du monde, Dilma Rousseff a tenté de rassurer les Brésiliens lors d’une intervention télévisiée mardi 10 juin, après plusieurs mois de critiques virulentes à l’encontre de l’organisation de l’évènement. “Certaines personnes prétendent que les ressources de la Coupe auraient dû être investies dans la santé et l’éducation. J’écoute et je respecte ces opinions, mais je ne suis pas d’accord”, a expliqué la présidente brésilienne.

“Nous avons fait cela, avant tout, pour les Brésiliens”, a-t-elle ajouté, assurant que “les aéroports, les métros et les stades ne repartiront pas avec les valises des touristes […]. La Coupe, ce n’est que pour un mois et les bénéfices restent pour toujours”. Un discours jugé rassurant par le quotidien Folha de São Paulo : “Dilma attaque les pessimistes et affirme que les dépenses dûes à la Coupe sont un faux dilemme”. Mais l’organisation du Mondial ne fait toujours pas l’unanimité au Brésil.

Suspens au Mondial

“En chute, Dilma va à la télé et plaide pour la Coupe”, fustige le Correio Brazilense, qui explique qu’à 3,5 km du stade Itaqueirão, à Saõ Paulo, qui accueillera le match d’ouverture, “les habitants de l’occupation [de la “Casa do Povo”] n’ont pas l’eau, l’électricité ni la télévision”. De son côté, le journal Globo rappelle que seulement 50 % des chantiers relatifs aux infrastructures de communication et transport ont été achevés, et juge que “l’expulsion et la question du logement sont parmi les principales raisons du retard, mais aussi des contestations contre l’organisation de la Coupe du monde”.

“Suspens : Métro et Croatie”, titre quant à lui le Diário do Comércio, qui craint que la grève de la semaine passée dans le métro de Saõ Paulo puisse redémarrer ce jeudi 12 juin, jour d’ouverture du Mondial.

L’amour du foot

Mais la presse brésilienne est aussi à l’heure sportive. Le Correio Braziliense affiche en une un dessin représentant Neymar, “l’enfant qui nous fait rêver”, véritable coqueluche des “torcedores”, les supporters brésiliens. Selon le journal de Brasilia, le footballeur est “la plus grande – et peut-être la seule – idole de la nouvelle génération de joueurs brésiliens” qui “a dans les pieds l’espoir d’un cinquième titre”.

Les supporters brésiliens, encore eux, seraient les plus confiants de la Coupe du monde. C’est tout cas le résultat d’une étude, menée notamment par le New York Times et publiée dans la Folha de São Paulo : “64% des Brésiliens croient, sans aucun doute, à la victoire de leur équipe”.

Enfin, le Jornal do Brasil revient sur la préparation du match. Si l’attaquant croate Olic a déclaré qu’il “voyait des trous dans la défense brésilienne” [suite au maigre 1-0 des brésiliens face à la Serbie en match amical], l’arrière brésilien Dani Alves lui a répondu sur le ton de la blague : “Attention rapà [garçon], ici tu es à Bahia”. Luiz Gustavo, millieu défensif de la Seleção, assure dans le même quotidien : “Nous avons pratiquement la meilleure défense du monde, nous sommes très bien pourvus [avec Thiago Silva et David Luiz]”. L’entraîneur Felipe Scolari se veut également confiant : “Nous restons certainement les plus forts défensivement.” [Via Courrier International]

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