Révocations, transferts… la PNH fait-elle le grand ménage ?

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Pour le seul mois d’avril, pas moins de 44 policiers ont été révoqués et trois hauts gradés transférés à la direction générale de l’institution. Sans vouloir ni confirmer ni infirmer certaines informations qui circulent au sujet des cadres de la police, l’inspecteur général en chef de la PNH a confié en exclusivité au Nouvelliste qu’un rapport de vetting sortira bientôt et donnera les explications.

L’inspecteur général en chef de l’institution policière, Ralph Stanley Brice à droite
L’inspecteur général en chef de l’institution policière, Ralph Stanley Brice à droite

Le directeur de la police routière, le commissaire divisionnaire Will Dimanche, a été transféré à la direction générale de l’institution; il est remplacé à ce poste par le commissaire principal Godson Jeune. Le directeur départemental du Sud et le commissaire principal de Mirebalais ont été également transférés. De même, l’inspecteur divisionnaire responsable du commissariat de Petit-Goâve a été transféré.

Ces transferts de hauts gradés s’inscrivent dans le cadre normal du fonctionnement de la PNH, a souligné l’inspecteur général en chef de l’institution policière, Ralph Stanley Brice, selon lequel seul le directeur général de la police peut procéder à des transferts. Il a qualifié de rumeurs des informations qui laissent croire que certains transferts auraient été faits sur recommandation de la DEA.

Dans une interview exclusive accordée mardi au Nouvelliste, le numéro deux de la PNH a fait remarquer que le vetting est une activité conjointe IGPNH et la UNPOL. Cependant, dans le but de faire la lumière sur le niveau de moralité des policiers, ces deux entités entrent en contact avec le parquet, le doyen du tribunal civil, l’immigration, la banque et certains services consulaires, a-t-il dit. « Mais, nous n’avons aucun rapport spécial avec la DEA », a ajouté Ralph Stanley Brice.

Interrogé sur certains policiers suspectés de vivre bien au-dessus de leurs moyens ou sur un policier qui aurait fait l’acquisition d’une plage ou encore un autre qui aurait sur ses comptes bancaires 2 000 000 de dollars américains, l’inspecteur divisionnaire a indiqué qu’il y a pour le moment beaucoup de rumeurs qui circulent. Il a annoncé la sortie prochaine d’un rapport de vetting dans lequel il y aura des explications…

M. Brice appelle les policiers à la sérénité et leur donne la garantie qu’ils ne seront victimes d’aucun abus de la part de l’institution. « Quelle que soit la décision qui sera prise, elle aura une base légale et objective », a-t-il dit. Le deuxième plus haut gradé de la PNH n’a voulu ni infirmer ni confirmer certaines informations qui laissent croire que des mesures de transfert ont été prises contre des cadres de la police qui seraient impliqués dans des pratiques douteuses. « Nous attendons la sortie du rapport du prochain vetting », a-t-il insisté.

Certes, lorsqu’un policier qui occupait un poste de direction au sein de la PNH est transféré à la direction générale, il n’y a pas lieu de s’en réjouir. « Je ne veux pas spéculer sur ce point, a rétorqué M. Brice. Le transfert fait partie du parcours normal des policiers. Moi-même, je suis maintenant à l’inspection générale, avant j’étais affecté à Fort-Liberté, aux Gonaïves, à Port-au-Prince, à l’académie… »

L’inspecteur général de la PNH, pour conclure, souligne que le vetting est un processus légal qui concerne l’ensemble des policiers, de l’agent au directeur général.

Par ailleurs, 40 policiers ont été révoqués pour abandon de poste, deux  pour corruption et deux autres pour meurtre et homicide. En outre, 154 policiers ont vu retenir  leur chèque par les autorités soit que les concernés refusent de payer leurs dettes envers une institution financière ou  qu’ils refusent d’assumer leurs responsabilités envers leur enfants ou leur femme, a expliqué le commissaire divisionnaire Marc Wilkens Jean, porte-parole de l’Inspection générale de la police au cours d’une conférence de presse.

Robenson Geffrard

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