Barack Obama atteint le “zéro kill”

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C’est un chiffre qui résume à lui seul la politique étrangère de Barack Obama. Zéro mort. Zero kill. Aucun soldat américain n’a été tué en mars 2014. Les choses ne resteront pas en l’état évidemment, mais pour la Maison blanche c’est un symbole, jamais vu depuis 11 ans ! “No more footstep”. Pas d’empreinte sur le terrain. C’était le credo de Barack Obama. La présence américaine dans le monde doit cesser de passer par l’envoi de soldats. Il faut influencer plutôt que diriger. “US army go home”. On rentre à la maison.

Ça a commencé avec l’Irak. Sortir de ce bourbier dont l’histoire ne retiendra rien sinon l’aveuglement d’une équipe de néoconservateurs autour de George Bush Jr., aveuglée par leurs valeurs chrétiennes et leur appât du gain pétrolier. Chaque mois, le nombre de morts augmentait. L’aéroport militaire restait fermé aux caméras pour éviter de choquer l’opinion. 500 morts en Irak en 2003 ; 850 en 2004 ; 850 en 2005 ; 800 en 2006 ; et le pic de 2007 : 900 morts. Sans parler des milliers de blessés et d’amputés.

Obama arrive à la Maison blanche en 2009. Le chiffre tombe à 149, puis 60, 54 et 1 les années suivantes jusqu’en 2012. En Afghanistan, le nombre de victimes aura été plus dur à faire reculer. 400 en moyenne par an, et 15 depuis le début de l’année. Durant sa première campagne, Obama s’engageait à ce que les enfants voient rentrer leur père à la maison. À la seconde, il pouvait dire “I did” et diffuser le clip de “La lettre de Ian”. Un enfant dont le père est rentré d’Irak et dont les communiquants d’Obama en ont fait le héro d’un film d’une efficacité incroyable.

Aux États-Unis, 1.400.000 soldats servent sous les drapeaux. Avec Obama, l’armée aura continué de s’équiper en technologie de pointe, pour être capable notamment de tuer à distance sans être vue. À mesure que les avions ramenaient les soldats à la maison, les drones tueurs occupaient le ciel d’Afghanistan ou du Yémen. Chaque mardi, 5 hommes réunis autour de Barack Obama dressaient une liste des terroristes ennemis à éliminer. Dans le plus grand secret. Entre 150 et 400 par an. Une opération par jour en moyenne. Une guerre, une vraie, menée sans l’aval du Congrès, sans image, sans rapport public et surtout, sans mort américain.

Olivier Ravanello

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