Aucun accord entre les deux pays

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Suite aux informations publiées sur la crise haïtiano-dominicaine après la réunion qui s’est tenue à Caracas, le 19 novembre, Haïti et la République dominicaine ont promis de prioriser le dialogue dans la résolution de la crise découlant de l’arrêt 168/13 de la Cour constitutionnelle dominicaine. Cependant, selon des informations parvenues au Nouvelliste, la réunion au Venezuela s’est terminée sans aucun accord. 

caricature_epuration-dominicanieLes autorités haïtiennes n’ont pas changé de position sur le dossier de la crise diplomatique qui affecte depuis deux mois les relations haïtiano-dominicaines. Selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères, les autorités haïtiennes ont affirmé qu’il faut prendre des distances par rapport à une interprétation volontairement erronée de la part de certains secteurs de la société dominicaine, de l’esprit de la Déclaration conjointe signée le 19 novembre 2013 entre les gouvernements haïtien et dominicain. Cette dernière concernait l’arrêt TC/0168/13 du 23 septembre 2013 du tribunal constitutionnel de la République dominicaine dépouillant de leur nationalité des citoyens dominicains d’origine étrangère, dont la plupart sont d’ascendance haïtienne.

La rencontre de travail qui s’est tenue à Caracas, à l’initiative du gouvernement vénézuélien, entre les délégations haïtienne et dominicaine conduites respectivement par le chancelier haïtien Pierre-Richard Casimir et le ministre à la Présidence de la République dominicaine, Gustavo Adolfo Montalvo Franco, s’est terminée sans aucun accord, mais un document a été signé priorisant le dialogue avant toute autre démarche.

Selon des informations recueillies auprès d’un membre de la délégation haïtienne ayant requis l’anonymat, la délégation dominicaine voulait que les autorités haïtiennes demandent aux pays amis de la CARICOM et aux autres de cesser leurs pressions sur la RD, à propos de l’inacceptable sentence 168/13 du TC. « Ayant compris l’intention des Dominicains, la délégation haïtienne a refusé de jouer le jeu de la délégation dominicaine à cette rencontre bilatérale», a-t-il confié.

D’un autre côté, la note de la chancellerie haïtienne précise que nulle part dans la déclaration conjointe signée entre les autorités haïtiennes et dominicaines, il n’est exprimé un quelconque accord du gouvernement haïtien sur aucun élément que ce soit. Certes, sur invitation d’un allié commun, en l’occurrence le Venezuela, soucieux de forger de meilleures conditions pour la construction de l’unité régionale, un dialogue a été initié entre les deux gouvernements en vue de trouver les meilleurs moyens de résoudre le problème. Mais fondamentalement, la position de la République d’Haïti sur cette sentence arbitraire et ses probables conséquences humanitaires demeure inchangée.

« La République d’Haïti juge cet arrêt inacceptable, aberrant et illogique parce qu’il viole le principe de la non-rétroactivité des lois et est en totale contradiction avec plusieurs dispositions de la Constitution dominicaine elle-même», conclut la note.

Amos Cincir

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