Enquête sur un possible empoisonnement d’Hugo Chavez

0
136

Le Vénézuela va ouvrir une enquête sur le cancer de son défunt président Hugo Chavez, soupçonné d’avoir été provoqué par un empoisonnement orchestré par ses ennemis à l’étranger, a annoncé le gouvernement mardi.

Hugo Chavez, président du Vénézuela pendant quatorze ans et chef de file de la gauche anticapitaliste latino-américaine, est mort le 5 mars après des mois de lutte contre un cancer dans la région pelvienne, diagnostiqué mi-2011.

Le soupçon d’un empoisonnement, régulièrement soulevé par le camp chaviste, fait l’objet de railleries dans l’opposition. Elle l’assimile aux théories du complot, qui, dit-elle, ont fleuri sous Chavez pour alimenter la peur de la population face aux menaces “impérialistes” et la détourner de ses préoccupations quotidiennes.

Le président intérimaire Nicolas Maduro a néanmoins promis de mener une enquête sérieuse sur cette hypothèse, émise la première fois par Hugo Chavez lui-même quand son cancer lui a été diagnostiqué.

“Nous chercherons la vérité”, a déclaré lundi soir Nicolas Maduro au réseau de télévision régional Telesur. “Nous avons l’intuition que notre commandant Chavez a été empoisonné par des forces obscures qui ont voulu l’écarter.”

Des scientifiques étrangers seront invités à faire partie de la commission gouvernementale qui sera mise en place.

S’il considère qu’il est trop tôt pour identifier un responsable, Nicolas Maduro relève par exemple qu’il existe aux Etats-Unis des laboratoires chargés de faire des expériences sur la production de maladies.

“Il avait un cancer hors normes”, a-t-il dit à Telesur. “Tout semble indiquer qu’ils ont atteint sa santé en utilisant les techniques les plus avancées (…) Il avait cette intuition dès le départ.”

Nicolas Maduro a comparé les soupçons relatifs à la mort de Chavez à ceux qui pèsent sur celle de Yasser Arafat en 2004.

Le corps de l’ancien président de l’Autorité palestinienne a été exhumé en novembre dernier pour déterminer s’il est mort empoisonné par des agents israéliens, comme le pensent de nombreux Palestiniens.

Ces doutes font également écho à la longue campagne lancée par Hugo Chavez lui-même pour convaincre le monde entier que son mentor, le “libérateur” de l’Amérique latine Simon Bolivar, est mort empoisonné par ses ennemis en Colombie, en 1830.

Reuters

LAISSER UN COMMENTAIRE