Le néant sauce hollandaise

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Nul sur toute la ligne. Voici comment résumer l’Euro des Pays-Bas. Finaliste de la Coupe du Monde il y a deux ans, les Néerlandais sont passés totalement au travers du Championnat d’Europe. Et après un tel naufrage, difficile d’imaginer Bert Van Marwijk continuer l’aventure.

Visiblement, Wesley Sneijder a mal au crâne après la déroute néerlandaise

Robin Van Persie, Wesley Sneijder, Arjen Robben, Jan-Klaas Huntelaar, Rafael Van der Vaart… Sur le papier, autant de noms qui font rêver quasiment n’importe quel président de club. Et pourtant, les Pays-Bas ont démontré dimanche soir, en quittant l’Euro sur une troisième défaite en autant de matches face au Portugal (1-2), qu’abondance de biens peut parfois nuire. En décidant d’aligner tous ses talents ensemble dès le coup d’envoi, Bert Van Marwijk a fait un choix : celui de succomber à la pression de l’opinion publique néerlandaise qui, au nom d’un certain romantisme offensif, souhaitait une telle association. Sauf que le sélectionneur batave aurait dû résister à la vox populi au sacrosaint nom de l’équilibre tactique de sa formation. Ainsi, qu’a-t-on vu face au Portugal ?

Une défense à l’agonie
Un premier quart d’heure prometteur, lors duquel les Oranje mirent sous pression leurs adversaires avant de trouver l’ouverture sur une belle frappe enveloppée du gauche de Van der Vaart (0-1, 11e). A ce moment de la partie, le pari de Van Marwijk semblait bien parti pour être une réussite. Malheureusement pour lui, la rencontre ne dura pas 15 minutes, mais 90. Et autant être clair, le reste ressembla à un supplice pour des Néerlandais qui voyaient la bataille du milieu de terrain leur échapper totalement. Incapables de ressortir proprement le ballon, les Pays-Bas auraient tout aussi bien pu aligner Lionel Messi, Cristiano Ronaldo et Zlatan Ibrahimovic ensemble que cela n’aurait rien changé. En abandonnant le fameux «cœur du jeu» pourtant si important aux yeux de ses confrères, à commencer par Laurent Blanc, Van Marwijk a foncé droit dans le mur. D’autant plus avec une défense d’une porosité indigne d’un Euro. Ainsi, Vlaar a fait montre d’une faculté à se retourner rapidement digne d’un pachyderme dans un magasin de porcelaine tandis que Van Der Wiel aurait pu signer deux passes décisives à Helder Postiga si celui-ci n’avait eu ne serait-ce qu’un quart du talent de son compatriote, Cristiano Ronaldo.

J’ai pris des risques. Parfois ça marche. Parfois, pas

— Bert Vam Marwijk

Bref, sans un Stekelenburg se débattant seul contre tous et avec des Portugais plus réalistes, les Bataves auraient dû quitter cet Euro sur une véritable correction. Mais même si tel n’a pas été le cas, le manque d’allant des Néerlandais, pour ne pas dire leur absence totale de rébellion, laisse dubitatif quant à leur avenir commun. Interrogé à ce sujet, Vlaar a botté en touche : «Je ne sais pas si c’est la fin d’une ère. Ce n’est pas à moi de le dire. Certains joueurs ont pris de l’âge, mais il y a énormément de qualité dans l’équipe, même si on ne l’a pas montré pendant le tournoi.» Van der Vaart, lui, se montrait étonnamment résigné : «On a perdu confiance après le match contre le Danemark et on savait que ça pouvait mal tourner aujourd’hui contre le Portugal. Il va falloir s’en relever.» Avec ou sans Var Marwijk ? Après le naufrage contre le Portugal, celui-ci n’éludait pas son choix tactique : «On était dos au mur. Il fallait prendre des risques. Mais j’assume la responsabilité de cette défaite. Ce n’était pas bon aujourd’hui. Oui, je me sens responsable. J’ai pris des risques. Parfois ça marche. Parfois, pas.» Pas sûr que la pertinence d’une telle analyse lui permette de poursuivre sa mission à la tête des Oranje, même si lui-même rappelait être sous contrat jusqu’en 2016…

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