Chevtchenko, l’étoile éternelle

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Ce vendredi à Donetsk, les Bleus de Laurent Blanc devront se méfier d’Andreï Chevtchenko, phénix ukrainien qui renait de ses cendres à l’Euro.

L’image est trompeuse. Après son doublé décisif contre la Suède, Andreï Chevtchenko, le capitaine ukrainien, tombe dans les bras d’Oleg Blokhine, le sélectionneur du pays hôte. Qui aurait pu croire il y a quelques mois que les deux légendes du football ukrainien se réconcilieraient ? Avant le match amical remporté par la France, en juin 2011 à Donetsk (1-4), Blokhine avait sérieusement écorné le Ballon d’or 2004, dont la participation à l’Euro 2012 avait été décrétée «cause nationale» par le puissant président de la Fédération ukrainienne, Grigori Sourkis.

De quoi courroucer l’irascible Blokhine, qui dispute à Chevtchenko le titre meilleur joueur de l’histoire de l’Ukraine devant la postérité. «Un nom ne suffit pas pour jouer. Si c’était le cas, je jouerais encore», avait lâché le Ballon d’or 1975 en mars dernier. Une manière de titiller son «fils spirituel» et de le pousser à retrouver une condition suffisante pour encadrer la jeune garde ukrainienne lors de cet Euro. Une course contre la montre remportée par Chevtchenko, qui a prouvé devant la Suède que sa classe naturelle et son sens inné du but étaient encore les meilleurs atouts du pays hôte.

Pour « Cheva » (48 buts en sélection), l’Euro 2012 est une cure de jouvence. Applaudi en conférence de presse après ses deux têtes magistrales contre la Suède, l’ancien buteur du Milan AC, revenu au Dynamo de Kiev il y a trois ans, en avait presque les larmes aux yeux : «Si je peux choisir mes rêves, je veux rêver d’une soirée comme celle-là. C’était fantastique. Je me sens plus jeune de dix ans. Je remercie tous ceux qui ont travaillé avec moi depuis un an et demi. J’ai eu tellement de problèmes au genou et au dos…»

Les diamants sont éternels. Et l’éclat retrouvé de Chevtchenko peut aider l’Ukraine à atteindre les quarts de finale de la compétition, comme lors du Mondial 2006. «Nous avons une équipe jeune avec un vrai potentiel. Notre sort va dépendre de la façon dont les jeunes joueurs vont gérer le facteur psychologique. S’ils parviennent à l’assumer, nous avons une bonne chance de sortir de notre groupe», éclaire-t-il avant de se muer en stratège en chef : «Nous avons beaucoup de joueurs véloces. Notre jeu sera donc construit sur des contre-attaques rapides, en passant par les ailes.»

Si l’aura de «Cheva, le Terrible» peut être encombrante pour Blokhine, elle fait surtout peser une menace sérieuse sur l’équipe de France. Pour Laurent Blanc, le danger principal est identifié : «Il n’a plus ses jambes de 20 ans, mais il est tellement malin dans ses déplacements qu’il reste encore très efficace. Il a l’art de se faire oublier et, comme par magie, de surgir au moment opportun.» La défense française est prévenue. Il ne faudra pas lâcher d’une semelle «l’historique» numéro 7 de l’Ukraine.

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